mercredi 11 juillet 2012

Obésité| Nutrition

Comment les protéines coupent la faim

Une équipe de neurobiologistes français vient d’élucider le mécanisme par lequel l’ingestion de protéines exerce un effet coupe-faim. Cette découverte permet d’envisager une meilleure prise en charge, voire un traitement, des patients obèses ou en surpoids.
Certains vendeurs de régime minceur en ont fait leur fonds de commerce – souvent jusqu’à l’escroquerie – mais les faits sont là : un repas riche en protéine entraîne une atténuation prolongée de la sensation de faim. En analysant en détail les échanges entre le système digestif et le cerveau initiés par les protéines alimentaires, l’équipe de Gilles Mithieux, directeur de l’unité Inserm 855 « Nutrition et cerveau » à Lyon, est parvenue à élucider les mécanismes biologiques responsables de cet effet coupe-faim. Ces résultats viennent d’être publiés dans la revue Cell.
Contre la faim, le tartare bat la frite
Le rôle des signaux hormonaux et nerveux émis par l’estomac et les intestins dans la régulation de l’appétit est établi depuis longtemps. On sait par exemple que la distension des parois de l’estomac, suite à l’absorption de nourriture, entraîne la libération de plusieurs hormones qui bloquent la sensation de faim. Gilles Mithieux et ses collaborateurs ont voulu élucider un phénomène plus spécifique mais bien connu : pour un apport équivalent en calories, on se sent rassasié plus longtemps après un repas riche en protéine qu’après un repas riche en glucides ou en lipides.
Protéines et peptides
Les protéines alimentaires, que l’on trouve majoritairement dans la viande, le poisson, les œufs ou encore certains produits céréaliers, sont constituées de longues chaînes d’acides aminés. Lors de la digestion, ces chaînes sont découpées en fragments plus petits appelés oligopeptides.
Quand l’intestin se sucre…
Des travaux antérieurs ont montré que la sensation prolongée de satiété qui suit un repas hyperprotéiné était probablement liée à la synthèse de glucose à partir de protéines et de lipides présents dans l’intestin. On pensait jusqu’à peu que ce mécanisme – appelé néoglucogenèse – était réservé aux périodes de jeûne et se déroulait exclusivement au niveau du foie ou des reins. Il est désormais établi que l’ingestion de protéines déclenche, juste après les périodes d’assimilation des repas, une néoglucogenèse au niveau de l’intestin.  
Après la néoglucogenèse, le glucose passe dans la circulation sanguine où il est reconnu par les glucorécepteurs qui tapissent les parois des vaisseaux sanguins. À partir d’un certain niveau de sollicitation, ces récepteurs envoient un signal inhibiteur aux centres cérébraux de l’appétit. Ainsi, alors qu’au niveau du foie et des reins la néoglucogenèse sert avant tout à alimenter les autres organes en sucre, au niveau de l’intestin, elle délivre un message « coupe-faim » à distance des repas, caractéristique des effets dits « de satiété ».
Une double boucle qui prolonge la satiété
Très récemment, un autre type de récepteur a été découvert sur la paroi de la veine porte ( le vaisseau qui transporte, de l’intestin au foie, le sang chargé des nutriments digérés) : les récepteurs mu-opioïdes (RMO) portaux. Les RMO – que l’on retrouve en grande quantité au niveau du cerveau, et qui sont surtout connus pour leur rôle dans les centres cérébraux du plaisir et dans les effets antidouleur de la morphine –, réagissent également à la présence d’oligopeptides issus de la digestion des protéines.
Le mécanisme de l'effet coupe-faim des protéines
En étudiant le comportement spécifique de ces RMO portaux, Gilles Mithieux et son équipe ont mis en évidence une double boucle neurophysiologique qui accompagne la digestion des protéines et bloque durablement la faim. Dans un premier temps, les oligopeptides acheminés depuis l’intestin jusqu’à la veine porte agissent sur les récepteurs mu-opioïdes ; ces récepteurs envoient alors un message, via le système nerveux périphérique, vers le cerveau.
Dans un second temps, le cerveau renvoie un message-retour qui enclenche la synthèse de glucose dans l’intestin (néoglucogenèse). Ce glucose finit par atteindre la circulation sanguine, ce qui active les glucorécepteurs, entraînant l’envoi de messages « coupe-faim » vers les zones du cerveau contrôlant la prise alimentaire. La néoglucogenèse étant un mécanisme lent, l’effet de satiété perdure ainsi plusieurs heures après le repas.
Gare aux régimes hyperprotéiques
L’identification des récepteurs mu-opioïde de la veine porte et la caractérisation de leur rôle dans la néoglucogenèse intestinale permet d’envisager de nouvelles pistes thérapeutiques dans le traitement du surpoids et de l’obésité. L’objectif des chercheurs est donc désormais de déterminer la façon d’agir sur ces récepteurs pour réguler durablement la sensation de satiété.
Toutefois, s’il semble bien que les régimes « minceur » basés sur une alimentation hyperprotéique exploitent –de manière totalement empirique- le mécanisme élucidé par ces travaux, Gilles Mithieux affirme être «  un adversaire des régimes (type Dukan et consors...) qui, pour des raisons scientifiquement établies, font perdre du poids rapidement, mais l'échec à long terme est quasi certain ». Car selon lui, « sollicités trop fortement, ces récepteurs peuvent devenir insensibles. Il faudrait donc trouver le meilleur moyen de les activer « modérément », afin de garder leur effet bénéfique à long terme sur le contrôle de la prise alimentaire ».

mardi 3 juillet 2012

Cet article m'est carrément destiné : je souffre de crampes douloureuses ainsi que de courbatures :

il peut servir à d'autres personnes

Courbatures et crampes musculaires

Quels sont les symptômes des courbatures et des crampes ?

Les courbatures se manifestent quelques heures après un effort inhabituel ou lors de certaines infections comme la grippe. Les muscles atteints sont sensibles à la pression et douloureux au moindre mouvement.
La crampe est une contraction musculaire douloureuse, involontaire et intense, qui apparaît le plus souvent lors d’un effort physique. Pendant la durée de la crampe, il est difficile de bouger le membre atteint. Au bout de quelques minutes, la contraction musculaire diminue et disparaît, mais il subsiste parfois un point douloureux précis. Certaines personnes ressentent des crampes soudaines la nuit, notamment dans les jambes.

Quelles sont les causes des courbatures et des crampes ?

Les courbatures sont dues à de minuscules fissures des fibres musculaires, à la suite d’un surcroît d’effort. Elles peuvent également être provoquées par une infection virale ou par la prise de certains médicaments (par exemple les interférons, certains diurétiques ou certains médicaments contre le cholestérol notamment).
Les crampes surviennent plus fréquemment après un effort physique intense ou longuement soutenu, ou à la suite d’une forte transpiration. Elles apparaissent plus fréquemment par temps froid.

Que faire en cas de courbatures ou de crampes ?

  • Les courbatures disparaissent plus rapidement si l’on maintient les muscles douloureux en mouvement grâce à un étirement léger, le vélo ou la marche, par exemple.
  • La chaleur détend les muscles et apaise les douleurs : prenez un bain chaud ou utilisez des sachets chauffants ou un coussin électrique.
  • Un massage peut détendre la musculature et contribuer ainsi à la disparition des courbatures ou des crampes.
  • Si les crampes sont violentes, il peut être utile de prendre un médicament contre la douleur pendant une durée limitée.
  • D’une manière générale, il faut essayer d’étirer le muscle. Pour une crampe du mollet par exemple, saisissez les orteils et tirez prudemment le pied vers le genou. Vous pouvez également marcher ou effectuer plusieurs flexions des jambes.
  • Si vous prenez un médicament contre l’excès de cholestérol, n’hésitez pas à appeler votre médecin si vous ressentez des douleurs musculaires dont vous ne pouvez pas identifier la cause.

Quand faut-il consulter un médecin en cas de courbatures ou de crampes ?

Consultez un médecin dans les jours qui viennent :
  • si les courbatures s'accompagnent d'autres symptômes comme de la fièvre, des crampes ou des tremblements musculaires.
  • si les courbatures empêchent tout mouvement.
  • si les courbatures ne disparaissent pas spontanément au bout de quelques jours.
  • si les douleurs musculaires sont apparues depuis l'administration d'un nouveau traitement, en particulier contre l'excès de cholestérol.
  • si des crampes à répétition troublent le sommeil.
  • si de fortes douleurs subsistent après la disparition de la crampe.

Comment prévenir les courbatures et les crampes ?

  • Avant l’effort physique, procédez à un échauffement efficace. Il doit être suffisamment long, progressif et adapté (étirements et assouplissements généraux, puis gestes spécifiques de votre discipline sportive).
  • Si vous êtes peu entraîné, évitez de trop solliciter d’emblée votre musculature et intensifiez progressivement votre effort.
  • Buvez en quantité suffisante avant, pendant et après l’effort… y compris lorsque vous nagez !
  • Des crampes nocturnes répétées peuvent provenir d’un manque d’eau et de sel : buvez suffisamment, au moins un litre et demi par jour, et consultez votre médecin si vous suivez un régime pauvre en sodium ou si vous prenez des diurétiques.

Les traitements des courbatures et des crampes

En cas de douleur, il est possible de prendre un médicament antalgique par voie orale. De nombreux traitements d’appoint locaux sont également destinés à soulager les courbatures par massage de la région douloureuse. Ces remèdes contiennent des substances variées : AINS ou salicylates pour leur effet antalgique, camphre, eucalyptus ou menthol pour l’effet révulsif (provoquant une sensation de chaleur).
Les décontracturants musculaires (ou myorelaxants) sont utilisés, en général sur de courtes périodes, dans le traitement d'appoint des contractures musculaires douloureuses, par exemple après une blessure. En décontractant le muscle, ils contribuent à lutter contre la douleur.
D'autres méthodes décontracturantes non médicamenteuses sont également très recherchées par les sportifs : enveloppements chauds, massages, relaxation, etc.

Traitements antalgiques locaux : AINS et autres composés

Traitements antalgiques locaux : AINS et révulsifs

Traitements locaux divers

Autres myorelaxants

Myorelaxants : quinine à faible dose

Myorelaxants : tétrazépam

Myorelaxants : thiocolchicozide

Traitements antalgiques locaux : myorelaxants

Homéopathie

Médicaments de rhumatologie divers

Oligoéléments

Pour préserver notre santé, il y a des lieux à éviter : zones industrielles, raffineries, usines de traitement des déchets, grands axes de circulation. Mais choisir son cadre de vie reste un luxe.
Son fils devait être scolarisé à 200 m du périphérique parisien, et baigné dans la pollution atmosphérique générée par le passage quotidien d'un million de véhicules. « Comme on en avait les moyens, on l’a inscrit dans le privé. Mais tout le monde n’a pas cette possibilité. Beaucoup de gens qui habitent le long du “périph” sont en situation précaire et logent dans des HLM », souligne Elodie.
Ne serions-nous donc pas tous égaux face aux dangers de notre environnement ? Y aurait-il une « injustice environnementale » ? D'origine américaine, ce concept suscite de plus en plus d'études en France. Des chercheurs ont, par exemple, montré que les sites industriels de Lille étaient plus nombreux dans les zones les plus défavorisées. Mais outre ces différences d’expositions, les chercheurs se penchent aussi sur les différences de vulnérabilité.
« Les groupes socio-économiques défavorisés sont souvent plus sensibles aux effets sanitaires des pollutions. Leur état de santé est souvent plus dégradé et ils ont un moindre accès au système de soins », explique Séverine Deguen, professeur à l’École des hautes études en santé publique de Rennes (unité 1085 Inserm/Université Rennes 1). Les injustices environnementales pourraient ainsi contribuer aux inégalités sociales de santé, aux différences de fréquence de maladies, d'espérance de vie, observées entre les différentes classes socio-économiques de notre pays.

Gaëlle LahoreauSciences et Santé, le magazine de l'Inserm
Téléphones portables, lignes à haute tension... Leurs ondes font peur mais les dangers seraient ailleurs : dans la pollution de l'air et le bruit de nos vies modernes. Ils font des milliers de victimes.
Depuis la révolution industrielle, notre environnement s'est enrichi d’environ 100 000 molécules chimiques. Si elles nous simplifient la vie, notre corps n'y avait lui jamais été confronté. Or nous y sommes continuellement exposés via l'air de nos maisons: formaldéhyde issus des cigarettes, détergents et colles, phtalates émis par les sols en vinyle, retardateurs de flammes bromés dégagés par les composés électroniques ou les « doudous »...). Le contact avec les produits cosmétiques, nos aliments contaminés via les contenants alimentaires (bisphénol A et phtalates des plastiques) ou la chaîne alimentaire (pesticides, PCB, dioxine...) sont autant de dangers sous nos toits.

Certains ont des effets irritants ou allergènes, d'autres sont des cancérigènes certains, comme le formaldéhyde. D'autres encore ont des impacts plus pervers en bloquant, mimant ou gênant l'action de nos hormones naturelles.
Les chercheurs les appellent les « perturbateurs endocriniens ». Ces substances chimiques sont suspectées d'être impliquées dans les troubles de la fertilité (baisse du nombre de spermatozoïdes chez les garçons, puberté plus précoce chez les filles), mais aussi dans les « épidémies » de diabète, d’obésité... et même dans les troubles de comportement des enfants.

Gaëlle LahoreauSciences et Santé, le magazine de l'Inserm
Téléphones portables, lignes à haute tension... Leurs ondes font peur mais les dangers seraient ailleurs : dans la pollution de l'air et le bruit de nos vies modernes. Ils font des milliers de victimes.
Elle est invisible, silencieuse, souvent indolore et tue chaque année des milliers d’Européens. La pollution atmosphérique est l’ennemi insidieux du citadin. Chaque jour, un adulte inhale entre 10 000 et 20 000 litres d’air. Nos cellules pulmonaires y trouvent l'oxygène mais aussi quantités de particules émises par nos voitures, chauffages, usines... Nos voies respiratoires peuvent en souffrir : inflammations (rhinites, bronchites,...), allergies, asthmes mais aussi cancers du poumon. En passant dans notre circulation sanguine, les particules les plus fines peuvent y former des caillots, modifier la taille des artères et vaisseaux, ce qui perturbe le fonctionnement du cœur et l'alimentation en oxygène de notre cerveau, avec des risques d’infarctus.
Des études récentes montrent aussi des effets néfastes sur la croissance des fœtus et le stock de cellules immunitaires des enfants à la naissance. Or, « contrairement à ce que l’on pense, la pollution de l’air ambiant urbain ne diminue pas », indique Isabelle Annesi-Maesano, chercheuse à la faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie (UMR-S 707 Inserm). Et ne vous croyez pas épargnés dans le réseau souterrain des transports en commun. Celui-ci est riche en particules métalliques liées au système de freinage des rames !

Autre danger pour notre santé : le bruit. Selon l’OMS, un Européen sur cinq serait régulièrement exposé, la nuit, à des niveaux sonores nocifs pour sa santé. Trafics aériens et routiers, voisinage... En gênant notre endormissement, en « cassant » nos nuits, le bruit induit, le jour, somnolence, difficultés de concentration, irritabilité... Ces troubles du sommeil peuvent entraîner des hypertensions, des anomalies cardiaques et même des dépressions.
« Pour un repos nocturne de bonne qualité, le niveau sonore ne devrait pas excéder 30 décibels », souligne Yves Cazals de l’université d’Aix-Marseille (UMR Inserm 7286). Le jour, c'est directement les cellules ciliées de notre oreille qui sont menacées. « Aujourd’hui, un usager de baladeur sur 10 risque d’avoir des troubles d’audition », avertit le chercheur.

Quant aux ondes électromagnétiques qui ont envahi notre quotidien, toutes ne sont pas à mettre dans le même bain. Lignes à haute tension, appareils électriques et électroniques émettent des ondes dans la gamme des basses fréquences. Leur champ magnétique peut exciter les muscles et les nerfs de notre corps. « Mais pour des puissances bien au-delà des limites recommandées ! », indique Isabelle Lagroye du laboratoire de bioélectromagnétisme de Bordeaux (UMR 5218 Ecole pratique des hautes études).
Les antennes-relais et les téléphones mobiles reçoivent et émettent dans la gamme des radiofréquences. Au niveau des cellules, ces ondes peuvent augmenter l'agitation des molécules d'eau et dérégler son fonctionnement par effet thermique. Mais ces effets seraient effectifs pour des puissances bien supérieures aux seuils de préconisation actuels.
« Aujourd’hui, aucune étude épidémiologique, ni aucun mécanisme biologique connu, ne permet de dire que l’utilisation du téléphone mobile augmente le risque de tumeur du cerveau », complète Catherine Yardin, médecin et professeur à l’université de Limoges. Pourtant quand on téléphone, on a bien l’oreille qui chauffe ? « Oui, mais c’est dû à l’électronique, et surtout au fait de garder le téléphone tout contre soi, cela empêche la circulation d’air », explique Yves Le Dréan, de l’Institut de recherche sur la santé, l’environnement et le travail de Rennes (unité 1085 Inserm/Université Rennes 1). Rassuré ? Sinon, il reste l'oreillette.

Centenaire d’Alan Turing, pionnier de l’intelligence artificielle

Créé le 25-06-2012 à 09h52 - Mis à jour à 13h08

Le savant britannique Alan Turing aurait eu 100 ans le 23 juin. Ce génie des mathématiques, qui connut un destin tragique, a enfin droit à l'hommage de la communauté scientifique internationale.

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 Crédit de la photo : CBE/ZOB/WENN.COM/SIPA
Crédit de la photo : CBE/ZOB/WENN.COM/SIPA
Génie et martyr, le britannique Alan Turing aurait eu 100 ans le 23 juin. L’anniversaire a été virtuellement célébré par Google avec un des « doodles » interactifs qui sont sa marque de fabrique.

Plus concrètement, le centenaire a donné lieu à diverses commémorations en Inde, en Corée du Sud, aux Etats-Unis, en Angleterre – comme par exemple à Bletchley Park. Dans cet ancien QG de l’armée britannique du nord de Londres, aujourd’hui converti en musée, le souvenir de Turing y perdure sous la forme d’une étonnante statue de l’artiste Stephen Kettle. Cet assemblage de petits bouts d'ardoises pèse la bagatelle de 1,5 tonne !

Codes secrets des nazis

Mais pourquoi Bletchley Park ? Parce qu’Alan Turing y a contribué à l’une des pages les plus marquantes de la seconde guerre mondiale. Après avoir été repéré à l’université de Cambridge par les services de renseignements britanniques, le jeune prodige des mathématiques fut envoyé à Bletchley Park pour mener à bien, avec d’autres experts scientifiques, une mission cruciale : casser le code de la machine Enigma. Ce dispositif électromécanique, contenu dans une simple mallette, permettait aux nazis de crypter les communications entre leurs sous-marins de l’Atlantique Nord. Une fois les secrets d'Enigma révélés, les Alliés purent bénéficier d'un temps d'avance sur l'armée d'Hitler.
Après la guerre, les travaux de Turing permettent de poser les bases de l’informatique et font de lui l’un des pionniers de l’intelligence artificielle. Le savant prédit l’avènement d’une machine programmable, capable de résoudre n’importe quel calcul mathématique – la «machine de Turing», sorte d’ancêtre de l’ordinateur. En 1950, dans un article à la revue Mind, il propose un test qu’il faudrait soumettre à un interlocuteur secret pour savoir s’il s’agit… d’un homme ou d’une machine ! Ce «test de Turing» reste plus que jamais d’actualité, à l’heure où un super-calculateur, comme le Watson d’IBM, est capable de battre des adversaires humains dans un quiz télévisé.

Génie sacrifié

Mais Turing n’aura pas le temps de voir l’ère des ordinateurs. En 1952, le savant est condamné pour «outrage aux bonnes mœurs» en raison de son homosexualité, alors considérée comme illégale en Grande-Bretagne. Il doit subir une castration chimique et se suicide deux ans plus tard. Turing n’a que 41 ans… Aujourd'hui, il est plus que temps de rendre hommage au pionnier de l'informatique. Et trois ans après que l’ancien premier ministre britannique Gordon Brown a présenté des excuses au nom du gouvernement britannique pour le traitement infligé à Turing, la célébration mondiale du centenaire sonne comme une nouvelle demande de pardon au génie sacrifié.

BERYL, la catastrophe cachée de la bombe A française

BERYL, la catastrophe cachée de la bombe A française

BERYL, la catastrophe cachée de la bombe A française

"Les irradiés de Béryl. L'essai nucléaire français non contrôlé", livre du chimiste Louis Bulidon (1) est sorti il y a moins d’un an. Il y raconte le « cataclysme » déclenché par le deuxième essai nucléaire souterrain français, au Sahara, le 1er mai 1962, qui fit peut-être plus de 5000 irradiés.
En septembre, nous avions publié la critique du livre dans les pages de Sciences et Avenir (n°775, accessible sur tablettes), pronostiquant " on doute que le cinquantenaire de Béryl, l’année prochaine, soit commémoré à la hauteur des doses jadis enregistrées, toujours gardées secrètes". Tel a été le cas.
Juste avant de poster cette note de blog, nous avons constaté que les mots clés "nucléaire" et "1962" n'ont fait remonter sur Google que trois articles publiés en Algérie (El Watan, El Moudjahid, Maghreb Emergent) et un quatrième à Tahiti (Les nouvelles de Tahiti). C'est peu de dire que les vétérans de ces événements (2), qu’ils soient français, algériens ou polynésiens, ont l'impression de parler dans le désert, notamment pour se faire indemniser en cas de maladie radio-induite... Une semaine en retard sur cette date oubliée, nous re-publions ici l'article paru dans Sciences et Avenir.

"Ce 1er mai-là ne fut pas une fête. Par cette chaude journée de 1962 où de fortes rafales de vent balaient le Hoggar, l’essai nucléaire Béryl vire à la catastrophe. Mené par la France en Algérie (3), deuxième d’une série de 13 essais souterrains portant de jolis noms de gemmes (Agate [sic], Saphir, Améthyste…), la bombe atomique ébranle si bien la montagne Tan Affela qu’en sort « un nuage très noir […] qui grossit à vue d’œil ». Le nuage radioactif « atteint une hauteur égale à celle de la montagne » (4). Il va irradier ceux venus assister à l’explosion, outre les deux ministres Pierre Messmer (Armées) et Gaston Palewski (Recherche scientifique), qui s’enfuient alors plein sud, vers la base-vie d’In-Amguel, à 45 kilomètres de là. Ce « cataclysme », selon le terme choisi par l’auteur, est « le plus grave accident au cours des 36 années » d’essais nucléaires français. Peut-être jusqu’à 5000 personnes, dont des villageois et nomades du désert, sont alors affectées par des « doses radioactives très handicapantes, voire mortelles ».

C’est pour « donner enfin la parole aux militaires du STA Y (5) présents sur le terrain et disposant des équipements […]capables de mesurer l’ampleur des fuites radioactives » que l’ingénieur chimiste Louis Bulidon publie ces lignes. Un demi-siècle après, l’appelé du contingent alors préposé aux mesures de radioactivité dénonce « le silence de l’Etat et de l’armée ». Veut témoigner, car « nous ne sommes que quelques dizaines aujourd’hui » à pouvoir le faire. De ces pages, on ressort effaré. Effaré d’apprendre que dans le périmètre fortement contaminé de la montagne, comme le dénonce le physicien nucléaire Raymond Sené, des équipes ont travaillé « jusqu’au dernier tir du 1er décembre 1965 ». Effaré d’apprendre que récemment, sur le site, des membres de l’Association des vétérans des essais nucléaires (6) ont relevé « avec de simples détecteurs “grand public” un niveau important de radioactivité à certains endroits ».
1) Editions Thaddée, 180p., 20euros.
2) Lire aussi http://sciencepourvousetmoi.blogs.sciencesetavenir.fr/arc... et
http://www.moruroaetatou.com/index.php?option=com_content...
3) Les accords d’Evian ont été signés le 18 mars.
4) Témoignage de Jean-Jacques Humphrey, alors au service photo du Centre d’études et de recherches atomiques militaires, Ceram.
5) Service technique des armées, arme atomique.
6) L’Aven a été créée le 9 juin 2001 « pour soutenir la cause de tous les vétérans et, particulièrement, ceux porteurs de maladies radio-induites ». Voir www.aven.org

samedi 26 mai 2012


Glace au caramel et au beurre salé

Préparation : 35 mn

Réfrigération : 5 h

Turbinage : 25-30 mn

Pour 1.5 litre de glace

8 jaunes d’œufs

100 g de sucre en poudre

50 cl de lait

50 cl de crème liquide

Pour le caramel

100 g de beurre demi-sel

200 g de sucre en poudre

1 pincée de fleur de sel

5 cl de crème liquide



Préparez le caramel : dans une casserole à fond épais, faites chauffer à feu  moyen le beurre avec le sucre et le sel jusqu’à obtenir une légère coloration dorée. Otez du feu, versez 5 cl d’eau, mélangez et ajoutez la crème.

Battez les jaunes d’œufs avec le succès jusqu’à ce qu’ils blanchissent. Dans une casserole, portez à ébullition le lait et la crème. Versez ensuite sur le caramel en remuant bien pour le dissoudre. Incorporez ce mélange aux œufs battus. Reversez le tout dans une casserole et faites chauffer à feu très doux, comme pour une crème anglaise, jusqu’à ce que la préparation nappe le dos de la cuillère. Transvasez dans un récipient et laissez refroidir en remuant de temps en temps. Placez ensuite la crème au réfrigérateur pour 5 heures environ.

Passez la crème au chinois ou dans une passoire très fine. Versez-la dans le bol de la sorbetière (qui a été auparavant au congélateur pendant 12 heures environ). Posez le bol dans la sorbetière et mettez celle-ci en marche pendant 25 à 30 minutes pour obtenir une glace onctueuse et souple.

Vous pouvez creusez des pommes à l’aide d’un vide-pomme, puis comblez le trou de avec 50 g de sucre, une demi-gousse de vanille et d’un peu de miel. Faites cuire au four préchauffé à 130° C pendant 30 minutes. Laissez tiédir puis garnissez chaque pomme d’une quenelle de glace. Un délice !

jeudi 24 mai 2012



j'ai osé planter des cariollettes comme on dit en cerdagne chez les catalans. Expérience bonne. ils poussent, c'est super cool. A midi, omelette aux champignons. je vous dit pas comme je vais me régaler avec une salade du jardin.

mardi 22 mai 2012



Rose de mon jardin,
elle est très odorante




magnifique et par chance , elle sent bon comme avant


salades, tomates haricots verts, courgettes, aubergines, poivrons et piments en croissance



dimanche 8 avril 2012

bord de loire paimboeuf


Estuaire de la loire






Comme il est doux de se promener sur les quais, une petite bise caresse mon visage délicatement. Le temps passe très vite à se balader au bord de l'eau.
l'autre jour en se promenant sur les quais de notre loire tant aimée, j'ai découvert ces sculptures faites de récupération métalliques. Cet homme est soudeur de métier, il sculpte à temps perdu des animaux, des personnages... C'est un artiste




Début de floraison
Le jardin reprend vie,
c'est la belle saison
le printemps nous réjouis






tulipes pivoines





majestueuses et odorantes, mes tulipes sonnent le retour du soleil




Après l'effort, le réconfort.


dimanche 25 mars 2012

Mon jardin, sa création












 

quand j'ai aménagé le terrain n'était qu'un tas de cailloux, petit à petit j'ai travaillé le sol rajoutant du terreau après un nettoyage minutieux, et à présent le résultat se fait jour. Mon terrain à pris forme. J'ai planté des fleurs qui sont en gestation, semé des légumes, fais mes boutures. A ce jour, seules quelques fleurs agrémentent les parterres. Je vous tiendrais au courant des changements. apparition des légumes, des dalhias....

samedi 17 mars 2012

La plus belle chanson du monde

cuisine




Pour faire une crème renversée :



Préparez 50 g de sucre pour le caramel, 4 oeufs, 100 g de sucre, 1 gousse de vanille et 1 demi litre de lait.



Commencez par déposer quatre ramequins dans un plat allant au four, sur une feuille de papier sulfurisé. Le but : éviter qu'ils s'entrechoquent.



Pour faire le caramel, versez le sucre dans une casserole. Mouillez avec un peu d'eau et portez à ébullition jusqu'à obtenir du caramel. Ne le remuez surtout pas !

Quand le caramel est blond, le verser dans chaque ramequin.



Grattez la gousse de vanille et placez-la dans le lait, que vous portez à ébullition.

Dans un saladier, cassez les œufs et versez les 100 g de sucre restant. Mélangez, puis versez le lait bouillant.



Ajoutez ce mélange dans les ramequins. Mettez de l'eau tiède à mis hauteur du plat.

Placez au four à 150°C (thermostat 5) pendant 25 minutes.



Lorsque la cuisson est terminée, placez les crèmes renversées au frais pendant 2 heures. Vous allez pouvoir ensuite passer à la phase de présentation.

A l'aide de la pointe d'un couteau, décollez les côtés de la crème. Renversez votre crème sur une assiette plate

samedi 10 mars 2012

coup de gueule


Que manque-t-il ?

coup de gueule

Augmentation eh vlan encore une fois

Le prix du tabac va augmenter de 7,6%
Pu Me le 07/020012 a 0021 par aianiouvtveBvle,
IB1
Avis aux fumeurs. Griller une cigarette va devenir encore un peu plus cher. Le prix du tabac
va augmenter de 7,6% au 1er octobreavec le relèvement de la TVA de 1.6 point, combiné à
une hausse des prix de 6% prévue antérieurement, selon le ministère de l'Economie,
«il y avait une augmentation prévue de 6% au 1er octobre», à laquelle il faut ajouter
l'augmentation de la TVA de 1,6 point annoncée par le gouvernement, explique le ministère de
l'Economie, confirmant partiellement une information du Fiaaro.fr.
Cette décision représente une atténuation de l'augmentation qui aurait dû avoir lieu à
l'automne si les deux mécanismes de hausse s'étaient appliqués normalement. Selon Le
Figaro, la hausse pour le fumeur aurait été supérieure à 10%.
Samedi, le ministère avait admis «réfléchir» à «réduire l'effet dé multiplicateur de la hausse de
la TVA sur le tabac par le biais d'un abaissement des droits de consommation (la fiscalité
perçue par l'Etat, NDLR) sur le tabac».
«Effectivement il y a une baisse du taux des droits à la consommation de 64,25% à 63,31%»,
explique-t-on à Bercy. Au final, l'opération se soldera par «une hausse des recettes pour l'Etat
de l'ordre de 60 millions d'euros en 2012». ajoute-t-on au ministère.
20 Minutes
Encore une augmentation.'

coup de gueule


Carte d’identité numérique



La carte d’identité numérique aurait pour but de contenir les données biométriques mais celle-ci vient d’être contestée par les socialistes.

Les socialistes, communistes et écologiques considèrent que la constitution des bases de données porte non seulement atteinte excessive au droit du respect de la vie privée, mais porte également en germe la destruction pour l’avenir des possibilités d’exercice effectif du droit fondamental de résistance à l’oppression, conséquence indispensable de la liberté individuelle elle-même

Le traitement des données à caractère personnel faciliterait le recueil des conversations et écrits dès lors qu’ils contiennent le nom de famille, et prénom, le sexe, la date et le lieu de naissance, le domicile, la taille et couleur des yeux du possédant de la carte d’identité biométrique. C’est une ingérence à la vie privée.

De plus, il serait aisée de vendre ces données aux entreprises pour du marketing, ce qui existe déjà avec les cartes grises à l’insu des détenteurs dudit précieux papier.

lundi 5 mars 2012

réflexion


Ayant une vague idée  de la charia, j’ai recherché la définition exacte pour mieux comprendre loi musulmane. Me voilà éclairée et pour cette même raison je l’inclus à mon blog. Je ne dois pas être la seule à vouloir comprendre ses lois qui nous sont inconnues.



Où et comment la charia est-elle appliquée dans le monde ?

Tout comme le mot "fatwa", celui de charia est parfois employé à tort et à travers. Baudouin Dupret, directeur de recherche au CNRS et auteur de "La charia aujourd'hui" (La Découverte), s'est attaché à l'étudier non pas dans ses représentations fantasmées, mais dans ses formes et ses pratiques concrètes.




Edité et parrainé par Hélène Decommer


La charia fait l'objet de nombreux fantasmes et représentations erronées dans le monde occidental. Le problème vient principalement de sa définition, que l'on peut qualifier de fluctuante. Théoriquement, la charia est la loi révélée musulmane – tout comme il existe une loi biblique et une loi juive –, c'est-à-dire un ensemble de textes religieux qui forment le corpus de la révélation islamique : le Coran d'une part et la tradition prophétique d'autre part.

Mais une fois que l'on a dit cela demeure la question principale : comment, à partir de cette définition théorique, établir une application dans le temps et l'espace de cette loi révélée ? La réponse mène à une immense variation des adaptations d'un pays à l'autre du monde musulman, d'autant plus que ces deux derniers siècles ont été marqués par d'importantes transformations politiques et juridiques.


Un couple souhaitant divorcer selon les principes de la Charia, au tribunal islamique d'Ahmadabad en Inde, le 25/11/08 (Ajit Solanki/SIPA)




Un Marocain et un Indonésien n'ont pas la même conception de la charia



Si la majorité des pays musulmans font référence à l'islam ou à la charia dans leur organisation politique ou judiciaire (exception notable de la Turquie, qui n'en fait nullement mention), la plupart d'entre eux pratiquent un droit déconnecté de la charia, excepté pour des domaines très spécifiques comme le droit de la famille (mariage, divorce, filiation, etc.).

Passons en revue des pays qui font référence d'une manière ou d'une autre à la charia, pour mieux comprendre.



Égypte. Le pays dispose d'une constitution et d'un système moderne de lois, adoptées par le parlement. Les choses sont un peu suspendues depuis un an, du fait de la révolution, mais tout laisse à penser que la nouvelle constitution reproduira la même situation que l'ancienne, dont l'article 2 déclarait : "Les principes de la charia sont la source principale de la législation." Notons bien qu'il n'est pas question d'une application directe, mais de "principes" qui constituent une "source". C'est donc le parlement qui interprète ces sources afin d'élaborer les lois, dans une approche qui distingue les règles absolues de la charia (qu'il faut suivre aveuglément) et les règles relatives, qui peuvent évoluer dans le temps en fonction de la société. Sauf que la cour constitutionnelle n'a jamais identifié les règles absolues ! Cela laisse donc au parlement une grande marge de manœuvre pour adapter les principes de la charia.



Maroc. Dans ce pays, le souverain est le chef suprême de la nation, mais aussi le commandeur des croyants. Pour autant, il n'y a aucune référence à la charia ou au droit musulman dans la constitution. On peut interpréter cela comme une volonté de ne pas en rajouter, dans la mesure où le religieux a déjà une grande légitimité. La polygamie et la répudiation (dissolution unilatérale du mariage à l'initiative du mari) sont possibles, mais sous conditions restrictives et seulement après autorisation d'un juge.



Arabie saoudite. C'est le pays qui applique la charia de la manière la plus rigoriste. Elle compose une sorte de constitution – dans le sens "loi suprême" –, mais cela pose problème car la charia n'est pas un corpus d'articles codifiés en vue de faire la loi. Ses prescriptions sont surtout morales, éthiques ou relèvent de la relation de l'homme à dieu. En Arabie saoudite, le mode de fonctionnement du droit et de la justice est semblable à ce qui existait avant le XIXe siècle : des individus sont formés aux sciences de l'islam et particulièrement au droit musulman, puis deviennent juges et sont saisis d'affaires d'ordre pénal et civil. Ils appliquent un droit qui relève de l'islam sunnite dans une version rigoriste, le wahhabisme. Les peines corporelles sont fréquemment appliquées.



Yémen. La constitution fait référence à la charia et son application s'approche de celle de l'Arabie saoudite, puisque le droit pénal reste influencé par le droit musulman. Cependant, le Yémen est un pays où la loi ne parvient pas à s'étendre à toutes les provinces et où les coutumes et l’exercice local du pouvoir prennent parfois le dessus. C'est peu ou prou la même chose en Afghanistan.



Iran. En matière familiale, on est dans une application assez stricte du droit musulman, mais cette fois-ci dans sa version chiite. Il est par exemple possible de souscrire un mariage temporaire ou, pour un homme, de demander la répudiation de sa femme. Les juges, qui ont suivi une longue formation à l'école religieuse, étudient ces requêtes et examinent leurs conséquences (les pensions alimentaires pour la répudiation par exemple). On a vu qu’en matière d’adultère la lapidation était la peine requise.



Indonésie. Le pays, doté d'un système juridique sécularisé, a connu une évolution fédérale. À présent, les différents États qui composent l'Indonésie sont en partie libres de statuer de manière indépendante. Ainsi, la province d'Aceh a obtenu son autonomie totale et a développé un système juridique qui applique la charia, tout particulièrement pour le droit de la famille. C'est la seule qui a obtenu une telle autonomie. Dans les autres provinces à majorité musulmane, on peut choisir d'être jugé en fonction du droit musulman. Notons que l'Indonésie est un pays qui prône officiellement la séparation de la religion et de l'État.


Un fonctionnaire chargé d’appliquer la loi de la Charia fouette un homme reconnu coupable de jeu d’argent, province d'Aceh, Indonésie, 09/06/11(Heri Juanda/SIPA)



Inde. Ce pays comprend la troisième population musulmane au monde, soit environ 138 millions de personnes, ce qui, ramené à la population totale de l'Inde, représente 13,4% du nombre d'habitants (chiffres tirés du recensement de 2001). Pour ce qui est du droit pénal, la loi indienne s'applique à tous. Mais le droit de la famille musulman peut s'appliquer spécifiquement à ceux qui le souhaitent, à travers des juridictions spéciales. Ainsi, un Indien musulman qui veut se marier ou divorcer selon les préceptes de la loi musulmane peut le faire.



Pakistan. Le pays a connu une forte transformation de son droit : dans le courant des années 1970, l'arrivée au pouvoir d'un dictateur s'est accompagnée d'une mise en place de la charia. Celle-ci s'applique en droit de la famille et en droit pénal. Mais tout comme dans le cas de l'Égypte, ce n'est pas une application directe, puisque c'est le parlement qui adopte les lois.

Ainsi, on s'aperçoit que la charia ne s'applique que de manière résiduelle dans la plupart des pays musulmans, principalement dans le domaine du droit de la famille. Le droit pénal soumis à la charia, qui fait beaucoup fantasmer, n'a que peu d'applications. On ne coupe pas les mains des voleurs en Égypte, en Syrie, au Maroc, en Tunisie, etc. La principale évolution de ces 150 dernières années est que la compétence en matière d'adoption de lois, dans l'immense majorité des pays musulmans, n'est plus aux mains des religieux, mais du pouvoir politique, par le truchement d'un parlement et de juges formés au droit étatique.