mercredi 21 décembre 2016

Origine de Noël : une très vieille histoire

Origine de Noël : une très vieille histoire




Quelle est la véritable origine de Noël ? On associe généralement Noël à une fête familiale, les cadeaux sous le sapin, la bûche glacée ou les rues illuminées... ainsi qu'à un jour férié lié à la religion, au même titre que la Toussaint. Mais pourquoi donc Noël a lieu le 25 décembre ? Qu'est-ce que l'Avent ? D'où vient le Père Noël ? Quelles sont les origines de la crèche, de l'arbre de Noël ou encore de la couronne de l'Avent ? Retour sur l'origine de Noël et de toutes ses festivités.

Noël est sans doute né dans des temps très anciens, en marge du solstice d'hiver. Une période charnière, pendant laquelle avaient lieu, dès l'antiquité, de nombreuses célébrations vouées au culte du dieu des semailles et de la fertilité, Saturne. Les "Saturnales", qui se déroulaient du 17 au 24 décembre, semblent avoir un lien incontestable avec la "Nativité", née quant à elle avec la chrétienté. Il n'y a en effet aucune certitude quant au jour exact de la naissance de Jésus. La date du 25 décembre n'a été arrêtée qu'en 354, par le Pape Libère...

De Jésus au Père Noël
Chez les Chrétiens, la fête de Noël s'est cristallisée ensuite autour des écrits des apôtres, ainsi que sur d'autres personnages et rites. Nicolas de Myre, alias Saint Nicolas, évêque d'Asie mineure du IVe siècle, va ainsi apporter une pierre importante à l'édifice de Noël. Il va aussi contribuer à la déconnexion de la fête chrétienne et de la fête païenne, en inspirant plus ou moins directement le Père Noël moderne. Ce protecteur des enfants va faire l'objet d'un culte et de traditions importantes dans les pays de tradition germanique. Il se dédoublera progressivement en sympathique homme barbu au XXe siècle, notamment sous l'effet de la publicité.

Et le sapin de Noël ?
Quant au sapin de Noël, il faut remonter là encore très loin pour en trouver l'origine. Considéré par les Celtes comme le jour de la renaissance du Soleil, le 24 décembre était en effet associé à l'épicéa, symbole de l'enfantement. C'est en 1521 que l'arbre de Noël, proche de celui qu'on connait aujourd'hui, aurait fait sa première apparition, en Alsace. Dans cette région, les habitants ont commencé à couper les arbres encore verts lors de la Saint Thomas (21 décembre) et à les décorer de roses, de pommes (faisant référence à Adam et Eve), de confiseries et de petits gâteaux dès le XVIe siècle afin de passer de joyeuses fêtes...

La date à laquelle nous fêtons Noël est avant tout un héritage de la Rome Antique. Bien avant la naissance de Jésus de Nazareth, la fin de l'année solaire (le solstice d'hiver) est une période charnière, pendant laquelle ont lieu de nombreuses célébrations vouées au culte du dieu des semailles et de la fertilité, Saturne. Les Saturnales se déroulent du 17 au 24 décembre : pendant sept jours, famille et amis se rassemblent dans un décor de végétation et de guirlandes et s'offrent des figurines de pain ou de terre cuite.

Noël : une fête aux origines païennes
On ne revêt plus la toge, mais la tunique, vêtement des pauvres et des esclaves et on peut même coiffer le pileus libertatis, "bonnet de liberté", coiffure des esclaves affranchis. Lorsque Jules César réforme le calendrier lunaire alors en vigueur, pour adopter le calendrier solaire, (dit "calendrier julien" et servant de base à notre calendrier actuel), le solstice est improprement fixé au 25 décembre (il a en réalité lieu le 21 décembre). Une erreur qui va perdurer et donner sa date à la Fête de la nativité...
Il n'y a aucune certitude quant au jour exact de la naissance de Jésus. La date du 25 décembre n'a été arrêtée qu'en 354, par le Pape Libère. A cette époque, l'Eglise chrétienne instaure un calendrier des fêtes afin de supplanter les rites romains (Saturnales), germaniques (Culte des morts) et celtes (Solstice d'hiver). Le christianisme voyant Jésus comme la "lumière du monde", son association au solstice d'hiver, à la résurrection du soleil, apparaît parfaitement naturelle.

Lumière et naissance du Christ
Noël est donc à la fois synonyme de lumière et de naissance du Christ. Il subsiste d'ailleurs un débat sur l'étymologie même de ce mot. Provient-il du celte, par la contraction de noio (nouveau) et de hel (soleil), ou du latin natalis (la natalité) ? La naissance miraculeuse d'un héros correspond à une thématique bien répandue dans l'Antiquité façon "héros de la Bible nés miraculeusement de femmes âgées et jusque-là stériles", comme l'écrit Le Point : c'est le cas d'Isaac, Jacob, Joseph, Samuel, mais aussi Jean-Baptiste. 
Saint patron et protecteur des petits enfants et de la Lorraine, Saint Nicolas est fêté tous les 6 décembre, date de sa mort dans l'est et le nord de la France ainsi que dans de nombreux pays d'Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Autriche...). Il fait le tour des villes pour récompenser les enfants sages. Ancêtre du Père Noël, il parcourt le monde pour distribuer des cadeaux aux enfants méritants. Ainsi, il visite les écoles maternelles, distribue du pain d'épice et des oranges et se voit remettre les clés de la ville par le maire. Ce personnage serait inspiré d'une personnalité réelle, Nicolas de Myre, évêque d'Asie mineure du IVe siècle, victime de persécutions sous le règne de Dioclétien. Appartenant aux saints les plus populaires, Saint Nicolas a alimenté une multitude de légendes mettant en avant sa personnalité généreuse. Il aurait donné de l'argent à trois jeunes filles pauvres pour qu'elles puissent avoir une dot et se marier. De plus, il aurait sauvé de la tempête un bateau portant une cargaison de blé pour la ville de Myre.

Le Père Fouettard
Compagnon de Saint Nicolas, le Père Fouettard punit les enfants qui ne sont pas sages pendant l'année. On dit souvent que cette légende est une invention de précepteurs qui, au XVIIIe siècle, effrayaient ainsi garnements et fainéants. En réalité, le personnage a une origine historique précise. Lors du siège de Metz par les troupes de Charles Quint, au XVIe siècle, les habitants de la ville assiégée tournaient en dérision l'image de l'empereur en brûlant un mannequin à son effigie. Ce dernier était surnommé le Père Fouettard.
Dès le début du culte de Saint Nicolas, un personnage ressemblant au Père Noël est présenté comme son valet dans les pays de tradition germanique. Il porte différents noms : Knecht Ruprecht en Allemagne, Krampus en Bavière orientale et en Autriche ou encore Hans Trapp au Palatinat et en Alsace. Aux Etats Unis, la première évocation d'un personnage rappelant le Père Noël date du début du XIXe siècle. En 1822, il ne porte pas encore son nom actuel mais est déjà décrit par le pasteur américain Clement Clarke Moore. Ce dernier, dans un poème intitulé "A Visit from St Nicholas", présente Saint Nicolas comme un lutin sympathique, fumant la pipe, dodu et souriant, qui distribue les cadeaux en se déplaçant sur un traîneau tiré par huit rennes. Un texte qui a joué un rôle important dans l'élaboration du mythe que nous connaissons. A partir de 1850, les Anglais commencent à abandonner la célébration de la Saint Nicolas et à lui préférer la fête de Noël.

Le Père Noël Coca-Cola
L'image d'un personnage rond vêtu d'un costume rouge garni de fourrure n'est devenue populaire qu'à partir des années 1930. C'est exactement en 1931 que le dessinateur Haddon Sundblom décide d'utiliser cette image dans une campagne publicitaire de Coca-Cola, afin d'inciter les consommateurs à acheter la célèbre boisson gazeuse en plein hiver. Cette image, largement transmise par tous les medias, a réussi à gagner le monde entier. En France, pays catholique où Noël a longtemps été associé à la seule naissance du Christ, le personnage a été popularisé par les Américains pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Le mot "crèche" désigne, à l'origine, une mangeoire pour animaux (cripia en latin). Selon l'évangile de Luc, Marie aurait déposé l'enfant Jésus dans la crèche de la grotte aménagée en étable (comme il en existait alors beaucoup en Palestine), où Joseph et elle avaient trouvé refuge, à Bethléem. Par extension, le mot crèche désigne le site tout entier.

De la crèche vivante à la crèche miniature
L'invention de la crèche de Noël est traditionnellement attribuée à Saint François d'Assise (1181-1226). Ce dernier aurait créé la première crèche en 1223, dans son église de Grecchio et aurait fait tenir les rôles des personnages de la Nativité (l'enfant Jésus, Joseph, la Vierge Marie, les Rois Mages, les bergers, les paysans) par des habitants du village. Petit à petit, la coutume se serait répandue et on aurait progressivement remplacé les personnes vivantes par des figurines en cire, en terre cuite, en porcelaine ou encore en plâtre. Les premières crèches proches de celles que nous connaissons ne sont apparues qu'aux alentours du XVIe siècle, dans les églises. Les Jésuites seraient à l'origine des premières crèches en format réduit.

La crèche familiale
Au XVIIe siècle serait née la crèche familiale. Elle se serait répandue au siècle suivant, notamment chez les aristocrates napolitains. En France, la Révolution interdit les crèches publiques, ce qui favorise le développement des crèches familiales dans les maisons. C'est alors que se développe la crèche provençale, plus rustique et moins raffinée que la napolitaine. Depuis, la tradition est restée, s'adaptant aux coutumes nationales et régionales. Ainsi, en Provence, sont ajoutés des santons illustrant les métiers traditionnels de la région tandis que les crèches polonaises comportent deux étages permettant de représenter à la fois les personnages de la Nativité et les héros nationaux.
Considéré par les Celtes comme le jour de la renaissance du Soleil, le 24 décembre était associé à l'épicéa, symbole de l'enfantement. Cette tradition païenne s'est rapidement reproduite dans le monde chrétien : au XIe siècle, les fidèles représentaient, lors de leurs Mystères, l'arbre du Paradis par un sapin garni de pommes rouges.

Une tradition alsacienne
C'est en 1521 que l'arbre de Noël aurait fait sa première apparition, en Alsace. Dans cette région, les habitants sont autorisés à couper les arbres encore verts lors de la Saint Thomas (21 décembre). Ces derniers sont décorés de roses, de pommes (faisant référence à Adam et Eve), de confiseries et de petits gâteaux. Au XVIIIe siècle, la coutume du sapin décoré est bien implantée en Allemagne, en France et en Autriche. En 1841, le prince Albert, originaire d'Allemagne et époux de la reine Victoria, introduit cette tradition au Royaume-Uni en faisant dresser un arbre de Noël au château de Windsor. De la Cour, la mode du sapin de Noël se répand rapidement dans la bourgeoisie et chez les gens du peuple.

Les décorations
Aux XVIIe-XVIIIe siècles, les sapins sont illuminés par de petites bougies. Il faut attendre 1880 pour que les premières décorations électriques apparaissent, aux Etats-Unis. Jusqu'en 1950, c'est en majorité en Allemagne et en Europe de l'Est que sont produites les décorations de Noël. Les personnages sont généralement fabriqués en coton et les cheveux d'anges en fibres métalliques. Quant à la boule de Noël, il s'agit, à l'origine, d'une pomme. C'est en 1858 qu'un artisan verrier a eu l'idée de créer la boule de Noël telle que nous la connaissons aujourd'hui, à la suite d'un hiver particulièrement rigoureux, qui avait eu pour conséquence d'affecter les récoltes.
Les quatre semaines précédant la veille de Noël correspondent à l'Avent. "Avent" vient, du latin adventus, qui signifie "venue", "arrivée". Depuis le pape Grégoire Ier, l'Avent représente la période de la préparation à la venue du Christ. Elle commence avec le quatrième dimanche précédant Noël et marque le début de l'année ecclésiastique.

La couronne de l'Avent

Née au XVIe siècle en Allemagne, la couronne de l'Avent, en forme de cercle, devait rappeler aux Chrétiens le retour annuel et immuable du Christ au mois de décembre. L'histoire raconte que la couronne de l'Avent aurait été inventée au milieu du XIXe siècle, dans un orphelinat d'Hambourg, par le pasteur Heinrich Wichern. Constituée par l'assemblage de plusieurs branches de sapin, de laurier, de houx, de gui, de pommes de pin et de rubans de couleur, elle comporte traditionnellement quatre bougies. Chacune d'entre elles doit être allumée chaque semaine précédant Noël. Traditionnellement, les bougies sont rouges, couleur du feu et de la lumière. En Suède, elles sont blanches et évoquent la pureté tandis qu'en Autriche, elles sont violettes et symbolisent la pénitence.