vendredi 1 juin 2018



La souffrance physique est dure à gérer. Il faut sans cesse se remotiver pour ne pas perdre pieds. Chaque jour est un nouveau combat, le combat de la vie.
La souffrance n’est pas bonne en soi, il faut lui donner un sens. Dans le cas de la fibromyalgie, il n’y a aucune explication physiologique, quoi que, je voudrai bien savoir les effets des pesticides, de l’aluminium… sur l’organisme. J’ai peut-être tord mais je crois qu’un élément pathogène génére la fibromyalgie, ça n’est pas prouvé, bien sûr, mais quand on réfléchit, tant de personnes atteintes, ce n’est pas dans la tête. Les chercheurs n’ont pas trouvés.

La souffrance est l’ennemi du vivre ensemble. Lorsque vous avez des douleurs lancinantes, récurrentes, continuelles, ce n’est pas possible d’avoir des activités sportives, de loisirs.
Aujourd’hui, souffrir c’est mal vu. C'est indécent même. On soupçonne la personne souffrante d’inadaptée à l’idéal de la société, elle-même ferme les yeux sur son passage. On l’ignore. On l’évite.
Sous prétexte qu'il faut être fort et heureux pour exister, l'individu en vient à ignorer ses propres souffrances : il affiche un bonheur de façade qui correspond au schéma véhiculé par les médias et la publicité. Cela est extrêmement dangereux. Tout d'abord parce que la souffrance finit toujours par revenir, et parfois de manière meurtrière - surtout lorsqu'elle a été longtemps refoulée - mais aussi parce que la rejeter consiste à refuser de vivre sa propre vie. L'individu qui nie ses douleurs s'égare. Il s'éloigne de lui-même, il devient autre. 

Chantal Thomas a écrit « Souffrir c’est vivre » ; c’est vrai, la personne existe, c’est un très bon bouquin que je recommande. Il y a la souffrance psychologique
Notre corps est un système très complexe qui va nous mettre en alerte dès qu’une agression où un dysfonctionnement a lieu et cela va se traduire par de la souffrance physique. Attention !  il est difficile de voir les petits signes avant-coureurs. Cette douleur aurait dû me faire changer dans ma façon de faire.

Certains médicaments qui vont cacher la douleur peuvent avoir ceci de néfaste qu’on perd le signal qui est là pour nous indiquer la limite à ne pas franchir. L’image que j’ai en tête est celle des coureurs qui reprennent l’exercice grâce à l’anti douleur sans que les symptômes ne soient guéris. C’est la meilleure façon d’empirer la situation. Je ne dis surtout pas de bannir les médicaments contre la douleur, simplement de respecter la voie du milieu et ne pas forcément chercher à vouloir bannir automatiquement toute douleur.

Il y a ensuite la deuxième composante dans la douleur, c’est tout ce qu’on va rajouter par-dessus en se sentant attaquer, en se demandant pourquoi cela nous arrive.  Tout le mental devient focalisé sur la douleur physique, sur ce que le corps ressent et comment atténuer cela. La seule solution est d’accepter.

Dans les moments de souffrance intense, qu'elle soit physique (douleur aiguë et qui dure) ou psychique. Je suis un pur cri devant la détresse, souhaitant que cela finisse au plus tôt, quel que soit le moyen. Je souhaite même la mort, ne plus existe c’est ne plus souffrir.

. Le passé et le futur sont effacés, seul existe un présent (une éternité) de souffrance. Je crois être en enfer. La douleur bouleverse mon univers intérieur, ma vie. Cette douleur, que je ne sais pas décrire, semble me posséder en partie, m'empêchant de penser. Quand j'ai mal, le corps-objet (que j'ai) est privilégié par rapport au corps‑sujet (que je suis).

 Suis-je donc si fragile qu'en un instant toutes mes évidences se brisent et que j'ai même envie de quitter la vie ? 

Une personne douloureuse chronique ne sera plus jamais la même face à quelqu'un dans la peine. On ne peut imaginer jusqu'à quelle profondeur peut aller le désarroi si on ne l'a pas vécu soi-même.
Je suis seule. Même si dans un premier temps, mes proches m'entourent davantage, je suis vite dans une solitude extrême. Les paroles qu'on m'adresse sonnent faux, même si elles se veulent bienveillantes. Ma peine est au-delà des mots, des gestes d'amitié. J'ai envie de crier devant certaines maladresses : « Pense à ceux qui souffrent plus que toi » (comme si leur douleur atténuait la mienne 
Se révolter a un côté médicalement sain : ça donne du punch pour combattre le mal, c’est un sursaut de vie. Dans ma révolte, je suis seule.