dimanche 21 août 2016

Intersexe : combien y a-t-il de sexes dans l'espèce humaine ?

Intersexe : combien y a-t-il de sexes dans l'espèce humaine ?

À l’occasion des Jeux olympiques de Rio, l’apparence physique de certaines sportives arborant une musculature développée et de larges épaules peut susciter des interrogations. L’occasion de faire le point sur la définition du sexe biologique, qui n’est pas seulement une affaire de chromosomes… ni de gros bras.

Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre ? Pas si simple car c'est sans compter sur l'intersexe. © BestPhotoStudio, Shuttertock



Comment définir le sexe ? Génétiquement parlant, il est habituellement fixé par la présence deschromosomes XX chez la femme et XY chez l’homme. Cependant, la situation est plus compliquée pour certaines personnes dites « intersexuées », qui possèdent à la fois des caractères masculins et féminins. 1 à 2 % des naissances dans l’espèce humaine sont concernées.

Dans un article du Journal du CNRS, Francis Poulat, de l’institut de Génétique humaine à Montpellier, souligne la diversité des situations rencontrées : « Les manifestations les plus "extrêmes" de désordre du développement sexuel sont ce que l’on appelle "les inversions de sexe" : femmes XY dont les testicules ne se sont pas développés, avec un vagin et un clitoris, et hommes XX avec des testicules et un pénis. […] Outre ces exemples, il existe nombre d’autresphénotypes intermédiaires où certains des caractères sexuels masculins et féminins cohabitent chez le même sujet. »

Le sexe biologique se base sur différents critères : les chromosomes certes, mais aussi les caractères sexuels (comme les organes génitaux externes et internes), la production de cellules reproductrices (ovules ou spermatozoïdes) et d’hormones sexuelles (comme la testostérone, hormone mâle). Toutefois, si l’on prend en compte tous ces critères, il est difficile de classer 100 % des individus en deux catégories bien distinctes, avec d’un côté des hommes XY ayant des organes génitaux masculins et des niveaux élevés de testostérone, et de l’autre des femmes XX avec des organes génitaux féminins et de faibles niveaux de testostérone.

En fait, le sexe biologique se construit en plusieurs étapes au cours de la vie, comme le décrit Thierry Hoquet, professeur à l’université Jean-Moulin Lyon 3, : « Les différents niveaux du sexe biologique […] se déploient autour de quatre temps forts que sont la fécondation (où se détermine le sexe chromosomique), la vie intra-utérine (où se met en place le sexe gonophorique), la naissance (où est examiné le sexe périnéal qui va décider du sexe d’état civil) et la puberté (où s’épanouit le sexe hormonal), autant d’étapes au cours desquelles peuvent survenir des processus conduisant à une "condition intersexe".»