mercredi 14 mai 2014

Pour mieux comprendre l'anorexie

L’anorexie mentale 


L’anorexie mentale (du grec  (anorexíā) = « perte d'appétit ») est un des troubles des conduites alimentaires (TCA), à ne pas confondre avec l'anorexie qui est un symptôme d'une autre pathologie.
Elle se manifeste notamment par une préoccupation très forte de l'apparence, qui entraîne des restrictions alimentaires drastiques. Les sujets qui souffrent de ces troubles sont surtout des adolescentes, même s'il y a de plus en plus de garçons et d'adultes.
Les causes sont inconnues. Les mécanismes sont probablement complexes. On retrouve souvent une perturbation psychologique de l'image du corps. La mode et les phénomènes d'imitations entre adolescents sont souvent incriminés, mais ils restent difficiles à isoler de l'histoire du sujet qui souffre de son environnement familial et d'événements de vie déclenchants. De la même façon, la quête spirituelle et le désir d'absolu au moment notamment de l'adolescence peut-être questionnée.1
L'anorexie mentale ne se retrouve pas dans les mêmes proportions dans toutes les cultures et à toutes les époques. Dans certaines cultures, elle est absente.
Description
Clinique
L'anorexie mentale est un trouble psychique qui se traduit notamment par une perte de poids importante, liée à une restriction alimentaire volontaire. Dans l'anorexie mentale, le patient lutte contre la faim, tandis que dans l'anorexie, il a perdu l'appétit.
Souvent, ces restrictions s’accompagnent d’activités physiques ou intellectuelles intenses. Pour expliquer cette association plutôt surprenante, certains experts estiment que l’hyperactivité des anorexiques serait une attitude intentionnelle, destinée à perdre davantage de poids en brûlant plus de calories. Mais cette hypothèse est remise en cause par une étude de 2012 qui met en évidence chez l'animal un mécanisme moléculaire commun à l’anorexie et à l’hyperactivité, qui associerait inévitablement les deux traits2.
Le diagnostic
Le diagnostic doit être établi ou confirmé par des médecins spécialistes et tenir compte de l'ensemble du fonctionnement mental, des mécanismes de défense, du type d'angoisses (dépressive, psychotique et du type de relation d'objet. Des adolescents présentent parfois des conduites alimentaires d'allure anorexique mais qui sont passagères, relevant parfois d'attitudes d'identification à des camarades, à des vedettes ou autres mannequins. Lorsque le trouble persiste, il doit faire l'objet de consultations spécialisées et de traitements ad hoc.
Les critères actuels du DSM-IV3 pour porter un diagnostic d'anorexie mentale sont les suivants :
  1. amaigrissement : refus de maintenir le poids corporel au-dessus de la normale minimale (moins de 85 % pour l’âge et la taille) ;
  2. peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, malgré une insuffisance pondérale ;
  3. altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps (dysmorphophobie) ;
  4. influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, ou déni de la gravité de la maigreur actuelle ;
  5. aménorrhée (arrêt des règles) pendant au moins trois cycles consécutifs chez les femmes menstruées (aménorrhée secondaire).
L'anxiété et le besoin de maigrir sont également responsables d'une hyperactivité physique.
Classifications
Différents types
On peut distinguer schématiquement deux types d'anorexie mentale :
  • type restrictif : pendant l'épisode actuel d'anorexie mentale, le sujet restreint intensément son alimentation et n'a pas, de manière régulière, présenté de crises de boulimie ni recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (c’est-à-dire laxatifs, diurétiques, lavements) ;
  • type avec crises de boulimie/vomissements ou prise de purgatifs : pendant l'épisode actuel d'anorexie mentale, le sujet restreint intensément son alimentation et a, de manière régulière, présenté des crises de boulimie et/ou recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (laxatifsdiurétiques, lavements).
Cependant, cette distinction est parfois artificielle 
Forme particulière : l'anorexie des nourrissons
Outre les adolescents, l'anorexie peut toucher directement les nourrissons. L'anorexie symptomatique des nouveau-nés est le signe de perturbation fonctionnelle des centres réflexes situés dans le cerveau, et, si l'enfant n'est pas prématuré, cette perturbation est due à des lésions cérébro-méningées à la naissance (hémorragie cérébrale, anoxie, par exemple). Dans ce cas, le refus de l'alimentation est évidemment important et tenace, et, par-là, se distingue de l'anorexie dite « primitive », où le nouveau-né, hypotonique, ne tire pas ou refuse sein et tétine.
Dès sa naissance, l'enfant se trouve pris dans une relation à la mère qui s'inscrit entre le besoin et la demande. L'objet alimentaire qui satisfait le besoin est aussi objet d'une demande d'amour à la mère nourricière. L'enfant demande à être nourri et aimé dans le même temps où la mère qui l'aime lui demande aussi d'absorber la nourriture qu'elle prépare pour lui. Dès lors que le désir de l'enfant s'insère entre le besoin et la demande en se fondant sur un manque, le nourrisson peut être amené à rejeter la nourriture en confondant ainsi nourriture et amour5.
Pathologies associées
Elle s'accompagne souvent d'anxiété, de dépression, de repli sur soi et parfois de dépendances aux drogues ou à l’alcool. Elle peut prendre une forme suicidaire. Il faut être attentif à distinguer borderline ou d'une pathologie psychotique masquée avec parfois des délires d'empoisonnement. En clinique, la frontière entre les deux pôles d'organisation psychopathologique, psychotique et borderline  n'est pas toujours simple à distinguer.
Complications et pronostic
Sur le plan physique
Cette maladie se traduit par une perte de poids. La perte de poids est directement liée à la privation alimentaire. Elle induit une dénutrition6.
La privation alimentaire entraîne assez vite de nombreux déficits en minéraux, vitamines et autres éléments essentiels. Ceux-ci, ainsi que la perte de poids vont induire des dérèglements voire des dommages sur l’organisme : perte des muscles, chute de tension artérielle, malaise, perte de connaissance, chute des cheveux, anxiété, insomnie, fatigue, sensation de froid permanente, perte de mémoire, décalcification, ostéoporose, hypothermie, difficultés relationnelles majeures (perte des amis, conflits familiaux).
Sur le plan psychique
On estime que la guérison est obtenue dans environ 50 % des cas et pour un tiers des cas, les malades gardent plus ou moins de troubles alimentaires, un poids trop bas et une peur de grossir très forte. Les rechutes font partie du traitement. Les considérer comme des échecs peut conduire à un découragement et des abandons. Elles doivent être travaillées et élaborées en psychothérapie pour qu'elles puissent être intégrées comme une étape du traitement. On estime aussi 20 à 25 % les cas où l’anorexie mentale persiste. De toutes les façons, les traitements sont à envisager sur le moyen ou long terme. Les troubles des conduites alimentaires mettent à l'épreuve les processus d'adolescence, la pensée, l'action, la sexuation, l'autonomie, etc. Ils remettent aussi en cause les équilibres et les acquis de l'enfance.
L’anorexie figure parmi les plus mortelles des maladies psychiatriques. Le taux de mortalité à 10 ans est de 5 %, il avoisinerait les 20 % à plus long terme, cependant l'évolution de la maladie dépend des thérapies entreprises. Il est souvent nécessaire de poursuivre le traitement psychique au-delà de la reprise d'un poids proche de la normale. Dans certains cas, la santé de celles et ceux qui ont vu leur état s'améliorer reste fragile et une reprise du traitement psychothérapique peut s'avérer nécessaire à distance de l'épisode initial7. Les dérèglements physiques peuvent, à terme, menacer la vie de la personne. La mortalité est estimée à un peu moins de 6 % par décennie dans la maladie8.
Épidémiologie
L’anorexie touche moins de 0,5 % des jeunes femmes dans la forme anorectique    anorexique pure. Le syndrome boulimique touche 1 % des jeunes femmes et 0,1 % des jeunes hommes9. Cette maladie concerne essentiellement les jeunes filles de 12 à 20 ans, mais peut apparaître dès l’âge de 9 ou 10 ans. Les garçons sont moins touchés (9 anorexiques sur 10 sont des filles) mais l'évolution de la société tend à les rendre plus susceptibles à la maladie.
Évolution
Il existe un risque vital. Environ la moitié des anorexiques parvient à guérir et un tiers s'améliore mais parfois seulement de manière transitoire. Un cinquième reste résistant à la prise en charge et se chronicise.
Mécanismes
Les mécanismes restent inconnus. Il existe de probables facteurs génétiques, soupçonnés sur les formes familiales et chez les jumeaux.
Neurologiques
L'imagerie cérébrale fonctionnelle note des anomalies chez les anorectiques. Il est ainsi retrouvé une activité différente de certaines structures cérébrales lors de la présentation d'aliments chez ces derniers et même après régression des symptômes.
Biologiques
De nombreuses hypothèses physiologiques sont travaillées depuis des décennies, toutes ne sont plus d'actualité, comme pour toutes les autres psychopathologies, les recherches dans le domaine sont en cours et aucune d'elles ne s'impose actuellement comme pouvant être retenue comme définitive. On doit donc être prudent lorsqu'on en prend connaissance et qu'on les diffuse.
En 1994, a été isolée une hormone sécrétée par les cellules du tissu gras, les adipocytes. Cette hormone, appelée leptine, renseignerait le cerveau sur les réserves en graisse de l'organisme. La leptine est le produit de l'expression du gène obèse. Les mutations induiraient une obésité morbide majeure associée à un diabète gras. La sécrétion de leptine aurait pour action de diminuer les apports alimentaires et de favoriser la perte de poids. Les taux plasmatiques de leptine sont fortement corrélés à la masse graisseuse mesurée par l'index de masse corporelle. La perte de poids due à la restriction alimentaire serait associée à une diminution des taux plasmatiques de leptine. Il existerait des récepteurs à leptine au niveau du noyau arqué de l'hypothalamus. Une élévation du taux de leptine circulante est détectée par les neurones du noyau arqué. Il s'ensuivrait un ensemble de réponses complexes, humorales, viscéro-motrices et comportementales qui inhiberaient la prise alimentaire.
Un des moyens par lesquels la leptine diminuerait l'apport alimentaire serait la baisse de la valeur appétitive des aliments. La leptine modifierait l'état du circuit méso-limbo-cortical impliqué dans les mécanismes de récompense. La perte de poids résultant d'une restriction alimentaire chronique augmenterait les effets de récompense d'une stimulation de l'hypothalamus latéral et inversement, l'injection de leptine diminuerait l'effet de récompense d'une stimulation de l'hypothalamus latéral chez le rongeur. Ce mécanisme pourrait être utile à l'analyse du phénomène de chronicité de l'anorexie mentale.
Les adipocytes ne sécrèteraient pas seulement de la leptine. Un autre peptide aurait été récemment[Quand ?] identifié, l’adiponectine, qui interviendrait dans la régulation du métabolisme glucidique et lipidique. Les taux sanguins d’adiponectine sont abaissés dans l’obésité et augmentés chez les boulimiques à poids normal. Des études épidémiologiques faites chez les jumeaux montrent qu'il existe un héritage partiel des troubles de conduites alimentaires.
  • Pour les jumelles monozygotes, Kendler et col. trouvent :
- 56 % de concordance dans l'anorexie - 23 % de concordance de la boulimie
  • et pour les jumelles dizygotes :
- 5 % dans l'anorexie - 8,7 % dans la boulimie.
Il est donc possible qu'il existe une vulnérabilité biologique en partie héréditaire, passant peut-être par le gène codant la leptine ou les autres neuromédiateurs impliqués dans la régulation des conduites alimentaires.
Psychologiques[modifier | modifier le code]
L'anorexie est l'effet combiné d'une obsession (une pensée sans cesse présente à l'esprit dont on ne parvient pas à se débarrasser) de maigrir, d'une peur de grossir, voire de devenir énorme en remangeant normalement. L'anorexique interprétant son image comme beaucoup plus grosse qu'elle n'est en réalité (le fait de se répéter qu'elle est trop grosse l'amenant à conclure qu'elle est trop grosse dès qu'elle identifie son image dans un miroir par exemple).
Des expériences ont montré qu'une anorexique à qui on montrait des photos (sans la tête pour ne pas qu'elle sache que sa photo était dedans) pouvait les classer de la plus maigre à la plus grosse de façon objective. Mais si on lui montre ces mêmes photos où elle peut se reconnaître, elle classera sa photo comme beaucoup plus grosse qu'elle n'est dans la réalité. Et si on lui fait remarquer, elle dira que sur la photo sans tête, il y avait un détail qu'elle n'avait pas remarqué dans le premier classement, mais que c'est le 2e qui est le bon .
En psychopathologie, on considère l'anorexie mentale comme une conduite addictive. Le lien à l'oralité primaire et/ou secondaire sont évidents et peuvent être compris comme un avatar du complexe d'Œdipe ou de ses précurseurs . La conduite de refus de nourriture peut aussi être vue comme l'évitement d'un processus de mentalisation des identifications primaires et/ou secondaires]. C'est un symptôme qui traduit une mauvaise intégration inconsciente de l'image du corps en lien avec les caractères sexuels secondaires, rondeurs féminines de la puberté pour les jeunes femmes. Le trouble survient souvent dans des contextes familiaux particuliers (faiblesse des repères relatifs à la différence des générations). La relation à l'objet interne mère est marquée par un refus ou une impossibilité de s'identifier à une femme adulte sexuée. Les mécanismes de défense par la rationalisation, l'intellectualisation et l'ascétisme sont fréquemment au premier plan.
Il existe un autre courant, provenant des États-Unis et du Canada, qui associe l'anorexie au domaine de la phobie, tandis que la boulimie relèverait de la dépendance14.
« Être mince » n’est qu’un prétexte, un support au besoin de maîtriser un univers qui leur semble extrêmement nocif (le jugement des autres est déformé autant en intensité qu’en direction).
Les membres du corps médical en contact avec des personnes anorexiques ont noté un sentiment fort et systématique de culpabilité obsessionnelle. Dans le cerveau anorexique, l’information « je suis coupable » est liée à une morale qui rejette tout ce qui est « injustice », cela implique qu’en étant coupable, on doit être puni. Et lorsqu’on est puni, on ne doit pas éprouver de plaisir. Le plaisir le plus accessible dans la nature humaine étant issu du besoin primaire alimentaire, s’alimenter devient « inacceptable » pour l’anorexique .
Le sentiment de culpabilité pourrait venir d’une suite de causes et d’effets mal compris (divorce, réflexions d’autrui, pratique sexuelle mal vécue, rejet amoureux, etc.). Faute d’avoir compris la cause du malaise, l’individu se rendrait responsable du « problème ». L’anorexique mélange souvent deux informations : « être présent lors d’un événement » et « être responsable de l’événement ».
Tant que l’anorexique a ce sentiment obsessionnel de culpabilité, la guérison est compromise. Toute psychothérapie qui ne prend pas en compte cette « logique anorexique » amène au taux de rechute importante]. Cet échec a pour résultat d’alimenter encore plus le sentiment de culpabilité.

Reconstituer la suite mal comprise de causes et d'effets et source de culpabilité, devrait se faire idéalement avec des professionnels de la santé.
Sociologiques
Les cas d’anorexie mentale sont en augmentation dans le monde occidental. Cela se vérifie dans l’ensemble des pays européens, aux États-Unis et au Canada, au Japon, chez les populations blanches d’Afrique du Sud et dans les classes les plus aisées d’Amérique du Sud. Ils se retrouvent majoritairement dans les populations blanches et sont rares chez les noirs américains et africains. On ne retrouve que très peu de cas d’anorexie mentale en dehors de la sphère occidentale, ainsi en témoignent diverses études en Alaska chez les populations eskimos, ou en Inde15.
Certains expliquent cette séparation par le fait que la société occidentale est plus centrée sur l’individualisme, ce qui développe la compétition. Les populations noires d’Afrique et d’Amériques seraient moins touchées par l’anorexie du fait qu’elles possèdent un esprit plus communautaire et un mode de vie moins axé sur la compétition individuelle.
Mais, il existe aussi des activités à risque qui augmentent les risques de TCA, dont l’anorexie mentale. D’autres études portant sur les élèves mannequins, ou encore sur les jockeys professionnels, mettent en évidence les mêmes comportements17. Depuis le 1er janvier 2013, la législation israélienne interdit aux mannequins hommes et femmes de défiler ou d'apparaître dans les médias du pays si leur indice de masse corporelle (IMC) est inférieur à 18,518.
On constate également que l'anorexie est plus fréquente dans les classes sociales moyennes et supérieures19.
Facteurs de risques
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Traitements
Le traitement se fonde sur deux plans, tout d'abord la reprise de poids pour éviter les problèmes de dénutrition notamment les problèmes métaboliques, de retard de croissance, d'aménorrhée et d'ostéoporose. Une alimentation par sonde naso-gastrique est parfois nécessaire dans les formes graves. Les patients sont parfois pris en charge dans des services de médecine et la prise en charge psychiatrique au départ n'est pas la priorité. Ensuite, lorsque l'état de santé est moins grave, une hospitalisation ou un suivi par une équipe de psychiatrie permet d'expliquer cette pathologie et de limiter les rechutes. Les traitements donnent des résultats positifs tant sur le plan physique que psychologique.
Une prise en charge spécialisée multidisciplinaire
L'hospitalisation, lorsqu'elle est nécessaire, a pour objet d'aider à la reprise de poids. Pour ce faire, le (la) malade est idéalement accompagné(e) par une équipe multidisciplinaire comprenant un médecin, une diététicienne et un(e) psychothérapeute.
Psychothérapie
La prise en charge doit permettre d'engager un travail psychothérapeutique qui vient donner du sens aux symptômes et proposer des solutions. Le travail sur le déni du trouble et le schéma corporel est important. La peur de grossir pourra alors se résorber, voire disparaître. La principale difficulté est le refus du traitement, par peur de prendre du poids et de devenir obèse. Il faut aider le patient à prendre conscience qu'il souffre d'une maladie qui peut se soigner.
Le traitement consiste à engager le dialogue avec l’adolescent(e) par un travail vers une ré-alimentation et une reprise de poids. Une psychothérapie familiale qui ne prend pas en compte que les troubles du comportement alimentaire mais ciblant la dynamique intrafamiliale peut être utile.
Dans tous les cas, une approche nutritionnelle est indispensable. Il est important de noter, que dans les faits, aucune thérapie ne peut être entreprise avant que la personne n'ait atteint un certain poids, qui lui permettra de bien comprendre les concepts présentés. Et c'est ce que préconise la nouvelle méthode de Maudsley. Originaire d'un hôpital britannique, cette méthode semble obtenir des résultats favorables, plus particulièrement chez une patientèle de jeunes anorexiques dont l'âge se situe entre les 11-14 ans. Elle permet de réduire la mortalité et d'assurer le traitement de la dénutrition. Ce qui différencie cette méthode est l'implication importante des parents dans le plan de traitement, ce qui était impensable il y a une trentaine d'années où, au contraire, on retirait la personne malade de son milieu familial22.
Il n'existe pas de traitement médicamenteux ayant prouvé une quelconque efficacité dans cette maladie en l'absence d'autre pathologie associée23.

Voies de recherche
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La stimulation cérébrale profonde par implantation d'électrodes intracérébrales reliées à un stimulateur, est en cours de test dans les formes graves et résistantes24.
Histoire et société
Le premier cas mentionné dans l’Histoire est celui de Catherine Benincasa, sainte Catherine de Sienne25, qui vécut au xive siècle (1347–1380). Pourtant, déjà au Moyen Âge, des périodes de jeûne et de sévères privations avaient cours au sein de communautés religieuses mystiques. Un autre cas célèbre est celui d’Élisabeth de Wittelsbach, dite Sissi, l’impératrice d’Autriche-Hongrie, qui vécut au xixe siècle (1837–1898). Auxxe siècle, il est possible de citer également la philosophe Simone Weil ou la chanteuse et percussionniste du groupe américain The CarpentersKaren Carpenter.
La première description de la maladie est attribuée à Richard Morton (en) qui lui donna le nom de « phtisie nerveuse » au xviie siècle (1689). Ernest-Charles Lasèguemédecin français du xixe siècle a été l'un des premiers à donner une description psychopathologique de ce qu'il appelait l'« anorexie hystérique ». Dans un premier temps, les spécialistes crurent à un dérèglement de l'hypophyse. Ce n'est qu'à partir des années 1950 qu'on viendra à l'idée d'une origine psychique de l'anorexie mentale acceptant donc que – jusqu'à preuve du contraire – les problèmes physiques associés ne sont que la conséquence de l'arrêt de l'alimentation.
À partir des années 1980, les troubles des conduites alimentaires en psychopathologie ont suscité une attention des spécialistes, notamment pour leur parenté structurelle avec les addictions.
En France, une proposition de loi est présentée pour lutter contre l'anorexie, en 2008
Mouvements pro-ana et pro-mia
Le mouvement pro-ana est un mouvement d'anorexiques qui prétend que l'anorexie mentale n'est pas une maladie, mais plutôt un mode de vie. Le mouvement pro-ana est le « miroir » d'un autre mouvement nommé pro-mia pour la boulimie. Même si les deux restent liés, ce dernier a moins d'adhérents. Les sites web des membres de ces mouvements sont une source de « motivation » pour les autres membres et les poussent à persévérer dans leur perte de poids en imposant des commandements et en montrant des lettres de motivation ou même d'insultes « écrites par Ana ou Mia ».
Deux propositions de lois visant à interdire l'incitation à l'anorexie ont été déposées à l'Assemblée nationale par des députés français en 2007 et 2008, mais n'ont pas abouti
Notes et références
  1.  Jacqueline Kelen - la faim de l'âme
  2.  « Anorexie et hyperactivité, un lien systématique confirmé »  sur www.inserm.fr, 9 janvier 2013
  3.  Les critères du DSM-IV relatifs aux troubles de l’alimentation ont été élaborés par le groupe de travail du DSM-IV et par une équipe qui a respecté un processus empirique en trois étapes. Ce processus incluait un examen complet et systématique de la documentation scientifique publiée, une nouvelle analyse des ensembles de données déjà colligées ainsi que de vastes essais en conditions réelles axés sur les issues. Des limites intrinsèques surgissent lorsque ces critères sont appliqués aux enfants.
  4.  Bien que la perte de poids soit présente chez certains enfants, chez d’autres, les restrictions alimentaires et la malnutrition peuvent se traduire par un maintien du poids pendant qu’ils devraient être en période de croissance et de développement. Par ailleurs, les critères du DSM-IV excluent les enfants qui n’ont pas encore atteint le taux critique de perte de poids au point de représenter moins de 85 % du poids prévu, mais qui conservent tout de même des comportements alimentaires ou d’exercices très anormaux. De plus, les enfants qui grandissent peu par suite d’une malnutrition peuvent présenter un poids « prévu » faussement faible si la taille restreinte pendant une période de croissance est utilisée pour évaluer ce poids prévu. Ainsi, le recours au critère « moins de 85 % du poids prévu pour l’âge et la taille » pourrait entraîner une sous-évaluation de la gravité du faible poids chez les enfants plus jeunes.
Trouble des conduites alimentaires
Les troubles des conduites alimentaires (ou troubles des comportements alimentaires) (TCA) se caractérisent par un trouble en rapport à l'alimentation. Cette psychopathologie qui présente sous des formes diverses peut apparaître à tout âge mais touche principalement les adolescents, notamment les filles. Elle peut être reliée à un autre trouble psychique comme les dépressions, les psychoses (délire d'empoisonnement) ou traduit un fonctionnement borderline et/ou addictif.
Les TCA sont à distinguer d'affections organiques telle par exemple la « véritable » anorexie qui est un trouble strictement médical. En clinique, ces différentes formes se présentent soit de manière isolée soit mixte : l'anorexie mentale, la boulimie, le pica, le mérycisme, l'hyperphagie, la sitiomanie et la carpophobie.
Les TCA peuvent être transitoires ou durables et alors parfois devenir invalidants, engendrant même un risque vital (en particulier pour l'anorexie mentale). Les traitements de ces troubles sont effectués en collaboration entre par exemple le pédiatre, le pédo-psychiatre ou pédo-psychologue. Ils comprennent généralement des aspects psychothérapeutiques, éducatifs (comportementaux), diététiques et médicaux. Les traitements mobilisent de surcroît souvent l'entourage, famille, conjoint, etc.
Les TCA touchent généralement les femmes adolescentes ou jeunes adultes des pays occidentaux. L’anorexie touche 0,7 % des adolescentes alors que la boulimie touche 1 à 2 % des femmes de 16 à 35 ans2. Les résultats des études épidémiologiques portent à croire que la prévalence d’anorexie mentale augmente chez les adolescents depuis les 50 dernières années et que son âge d’apparition aurait probablement diminué2,3. En effet, 25,7 cas d’anorexie mentale sur 100 000 filles de 10 à 14 ans ainsi que 3,7 cas sur 100000 chez les garçons du même âge auraient été relevés3. Également, 56,4 % des personnes atteintes d’anorexie mentale et 95,4 % de celles atteintes de boulimie mentale présentent une comorbidité en lien avec les troubles de l’humeur, les troubles anxieux, l’abus de substance et/ou la gestion des impulsions4.

Origine
Les TCA seraient causés par une interaction entre des facteurs biologiques (facteurs génétiques et neurobiologiques), psychologiques (personnalité, émotions, etc.) et sociaux (influences socioculturelle et familiale)2,5. Plusieurs autres facteurs, comme l’historique familial (dépression, obésité, etc.) et les expériences personnelles (abus sexuels, diètes familiales, etc.) pourraient également influencer le développement de la problématique2. Ils se manifestent par exemple par une préoccupation tyrannique du poids, ou au contraire une négligence totale du corps ou encore des attitudes qui ressemblent aux auto-mutilations. Ils comportent parfois une dimension suicidaire à laquelle le spécialiste consultant doit particulièrement veiller. Les enjeux psychiques de ces symptômes doivent être appréciés et évalués en fonction de la personne qui en souffre et de son histoire, celle de son environnement y compris l'environnement de la petite enfance et d'évènements déclencheurs de la symptomatologie. La seule présence - ou absence - d'un symptôme ou d'un autre ne suffit pas pour établir un diagnostic différentiel.
La mode de minceur, les mauvaises habitudes alimentaires, les phénomènes d'imitation entre adolescents, l'influence des médias - et autres facteurs socioculturels - jouent un rôle certain mais qu'il est difficile d'apprécier et qui de toute façon est assez peu pertinent dans les prises en charge. Origine sociale : anorexie plus fréquente dans les classes sociales moyennes et supérieures6.
Prévention
S’il n’existe pas de moyens efficaces pour guérir des TCA, il y a, en revanche, des moyens pour prévenir ces maladies. Deux niveaux de prévention peuvent se distinguer :
  • la prévention primaire, qui consiste à prévenir un problème avant qu’il n’apparaisse, en développant des habitudes nutritionnelles plus équilibrées (réglementation en matière de publicité ou de restauration scolaire, par exemple) et en luttant contre l’apologie de l’extrême minceur (exemple : charte signée avec les professionnels du secteur de l’image) ;
  • la prévention secondaire qui consiste à freiner le développement d’une maladie, en intervenant le plus tôt possible auprès d’une population à risque. Cela se fait avec le patient et sa famille ainsi que le médecin référent et l’ensemble des éducateurs7,8,9.
Il existe de nombreux outils de dépistage et de diagnostic des troubles du comportement alimentaire. Il y a un grand intérêt à dépister les formes subsyndromiques des troubles du comportement alimentaire, pour proposer une prise en charge adaptée avant l'aggravation et/ou la chronicisation des troubles. Les formes installées et/ou chroniques sont plus difficile à prendre en charge sur le plan thérapeutique10.
Causes
Les troubles des conduites alimentaires sont classifiés en tant que trouble d'Axe I11 dans le manuel diagnostique et statistiques des troubles mentaux (DSM-IV) publié par l'Association Américaine de Psychiatrie(AAP). Il existe de nombreuses causes psychologiques facteurs des troubles des conduites alimentaires, certaines de ces causes remplissent le critère de diagnostic d'Axe I ou d'un trouble de la personnalité codé enAxe II est ainsi comorbide au trouble alimentaire diagnostiqué. Les troubles de l'Axe II sont des sous-types des "groupes", A, B et C. La cause entre les troubles de la personnalité et les troubles des conduites alimentaires doit être complètement établie12.
Conséquences
Différentes conséquences physiques, psychologiques et comportementales sont associées aux TCA. Plus spécifiquement, il est possible d’observer des perturbations au niveau de l’humeur, de la participation sociale, du sommeil, des pensées obsessionnelles, des capacités intellectuelles, de l’activité cardiaque et hormonale, de la santé buccale, de la coloration de la peau, de la perte de cheveux, et plusieurs autres5.
Symptômes et complications
Les symptômes et les complications varient selon la nature et la gravité du trouble de l'alimentation. Certains symptômes physiques de troubles de l'alimentation sont la faiblesse, la fatigue, la sensibilité au froid, barbe réduite chez les hommes, la réduction des érections, baisse de la libido, perte de poids et insuffisance de la croissance. Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est le plus fréquent désordre endocrinien susceptible d'affecter les femmes. Bien que souvent associé à l'obésité celui-ci peut survenir chez les personnes de poids normal. SOPK a été associé avec crises de boulimie et les comportements boulimiques
Traitement[
De nombreuses approches se sont avérées efficaces auprès de la clientèle atteinte de TCA. Entre autres, la thérapie cognitivo-comportementale qui peut aussi bien être utilisée avec les personnes atteintes d’anorexie mentale, de boulimie mentale ou de troubles de l’alimentation non-spécifiés13. Plusieurs autres modalités thérapeutiques, comme l’utilisation de la thérapie familiale de groupe14, la pharmacothérapie, la thérapie nutritionnelle, l’approche psychodynamique, la psychoéducation, la thérapie behaviorale et la thérapie cognitive sont également indiquées.
Conséquences anorexie
Les conséquences physiques, psychologiques et sociales de l'anorexie.
L'anorexie est un trouble du comportement alimentaire (TCA).
Les conséquences de l'anorexie ne se limitent pas à une perte de poids ou une grande maigreur.
La dénutrition, induite par le régime restrictif, pose de multiples problèmes.
Les conséquences physiques de l'anorexie
La très faible alimentation de la personne anorexique entraîne des problèmes physiques majeurs.
Effets de la dénutrition : règles, chute de cheveux, maux de tête, etc.
La dénutrition et les carences en protéines, sels minéraux, vitamines et acides gras essentiels sont responsables de très nombreux effets physiques :
  • arrêt des règles (aménorrhée) et infertilité, grossesse rare et difficile à mener à terme, risque d'enfant prématuré,
  • peau sèche en surface, rétention d'eau sous la peau,
  • chute de cheveux, cheveux devenant trop fins et cassants, décolorés,
  • douleurs abdominales, sensation désagréable de faim au creux de l'estomac, ballonnements après le moindre repas, constipation,
  • maux de tête, intolérance au bruit et à la lumière comme dans la migraine,
  • vertiges, équilibre instable par hypotension,
  • bruits (acouphènes) perçus dans les oreilles,
  • troubles de la vue, floue ou instable,
  • pieds et mains froids,
  • crampes, fourmillements et perceptions bizarres (paresthésies),
  • insomnie,
  • faiblesse musculaire, intolérance cardiaque et respiratoire à l'effort,
  • rythme cardiaque anormal.
Ces troubles physiques se corrigent peu à peu avec la reprise d'une alimentation plus riche et la reprise de poids.
À cause des crises de boulimie : problèmes cardiaques et rénaux, etc.
Un début de repas, un grignotage déclenchent une crise de boulimie, courte période de gavage intense sans sensation de satiété et perte de contrôle du comportement.
Les vomissements et les prises de médicaments qui suivent la crise sont responsables :
  • de baisse du potassium sanguin (hypokaliémie) avec risque majeur de troubles du rythme cardiaque pouvant aller jusqu'à l'arrêt cardiaque,
  • d'insuffisance rénale pouvant imposer à terme une dialyse rénale ou une greffe de rein,
  • de fatigue, de faiblesse musculaire,
  • de constipation,
  • de crise de tétanie,
  • d'érosion irréversible de l'émail dentaire, de caries sévères.
Attention ! L'ingestion boulimique de grandes quantités d'eau (potomanie) peut déclencher des crises convulsives, de type épilepsie.
Conséquences de l'anorexie : problèmes d'ostéoporose
Tout régime restrictif, même s'il comporte quelques trop rares portions de laitages, comporte un risque d'ostéoporose.
Il s'agit de la décalcification et de la modification de la trame osseuse :
  • on l'on observe aussi chez les danseuses ou les sportives qui doivent contrôler et limiter leur poids,
  • elle est mesurable deux ans après le début des restrictions.
L'ostéoporose fragilise l'os et favorise :
  • les tassements vertébraux, très douloureux, même sans traumatisme important,
  • les fractures de membres ou des côtes en cas de choc ou de chute,
  • des douleurs osseuses mal précisées.
L'ostéoporose est :
  • réversible si elle survient pendant l'adolescence,
  • en grande partie irréversible à l'âge adulte : une femme de 30 ans peut avoir définitivement un squelette équivalent à celui d'une femme de 60 ans.
Visitez notre site entièrement dédié à l'ostéoporose
Anorexie : d'importantes conséquences psychologiques
Un régime restrictif prolongé provoque chez les personnes non anorexiques :
  • une perte de l'humour et de la joie de vivre,
  • une baisse de la libido allant jusqu'à l'absence totale de désir sexuel,
  • des difficultés de concentration et de mémorisation,
  • une irritabilité, un tempérament colérique,
  • une grande sensibilité aux influences extérieures.
Des modifications identiques sont observées chez les anorexiques, mais elles sont souvent dissimulées derrière une hyperactivité physique et intellectuelle.
Conséquences sociales anorexie : isolement, retrait social
Il est difficile de maintenir un cercle social large quand on ne parvient pas à partager le moindre repas ou le moindre verre avec les autres.
Des relations amoureuses ou avec les amis qui deviennent difficiles
L'anorexie conduit à l'isolement et au retrait social à un âge où la personnalité de l'anorexique est mal vécue par les camarades d'école ou de faculté, car elle est :
  • perfectionniste,
  • absolutiste,
  • souvent brillante sur le plan scolaire.
Les relations amicales, et plus encore amoureuses sont rapidement difficiles.
Cet isolement est accentué par la cessation volontaire des activités collectives : même le sport est pratiqué en solitaire, loin du regard des autres.
En savoir plus : guérir l'anorexie
Conséquences de l'anorexie : une tension familiale importante
Il en est de même au sein de la famille, lorsque l'anorexique multiplie les prétextes pour ne plus partager les repas ou les activités.
Les relations deviennent vite tendues avec les parents et distendues avec le reste de la famille.
En savoir plus : enfant anorexique
Des difficultés scolaires et professionnelles
Les obsessions centrées sur la nourriture et le poids autant que les effets de la dénutrition finissent par compromettre la réussite :
  • des études,
  • ou de la vie professionnelle.
La perte d'emploi ou l'instabilité professionnelle sont fréquentes, avec les conséquences économiques qui les accompagnent.

 Conséquences sociales
On remarque une diminution de l’intérêt pour la plupart des activités qui ne sont pas liées à la nourriture. Bien que la jeune fille anorexique réussisse bien au niveau scolaire, cela ne la rend pas davantage populaire au sein des groupes de paire? En effet, l’anorexique restreint de plus en plus ses contacts sociaux et se retire éventuellement de toute activité sociale. En plus du désir de maigrir, surgit aussi le désir de maigrir plus que les autres, de réussir mieux que les autres, d’être différente et supérieure aux autres et de montrer aux autres qu’on n’a pas besoin d’eux. Dans un tel contexte, l’isolement progressif de la personne souffrant d’anorexie s’explique facilement.http://3.bp.blogspot.com/_B4Gc887p5L4/Sb0EaL4vb8I/AAAAAAAAAA0/zZujRS8hNCY/s200/anxiete_sociale-3.jpg

Sur le plan social, on ne peut négliger l’importance du repas partagé. Dans la plupart des civilisations, le partage d’un repas constitue un geste essentiel, comme l’hospitalité, sur lequel se fondent des relations humaines et le sentiment d’appartenance à un groupe. Or, éviter de manger ou sauter des repas en société semblerait entraîner implicitement un isolement social. L’anorexique a tendance à s’isoler en général mais plus particulièrement de tous ceux qui veulent l’aider. De plus, comme la personne ne fait pas confiance aux autres, il est normal pour elle de cesser la fréquentation de ses pairs. L’apparence physique et l’attitude intransigeante et perfectionniste de la personne anorexique l’éloignent de ses amis. Il arrive que cela éloigne non seulement les amis mais également le conjoint de la personne anorexique, qui n’en peut plus de voir son partenaire d’agir ainsi.
Les effets secondaires de la malnutrition, tels que la maigreur exagérée, peuvent susciter chez son entourage des questions gênantes auxquelles l’anorexique cherchera désespérément à échapper. D’où son désir de plus en plus grand d’isolement, lequel est renforcé aussi par de la culpabilité et de la honte face à elle-même.
b) Conséquences psychologiques
D’abord, à la suite d’une malnutrition, des effets psychologiques et comportementaux deviennent observables à court terme. Parmi ceux-ci, il y a un intérêt démesuré pour la nourriture, l’anorexique a de très bonnes connaissances en matière de diététique. Un changement quant aux habitudes alimentaires se remarque rapidement. De plus, une consommation accrue d’épices, de café, de thé ou de gomme à mâcher peut être présente. La jeune fille a habituellement une attitude obsessive-compulsive prononcée envers tout ce qui concerne le contrôle de son poids: l’obsession de ne pas prendre du poids, la compulsion de ne pas manger et de faire des activités sportives pour maigrir davantage. Il y a également un changement au niveau émotionnel se reflétant dans des variations de l’humeur, de l’anxiété, de la dépression, de l’irritabilité, de la méfiance ainsi qu’un sentiment d’inefficacité. La personne souffrant d’anorexie se désintéresse de sa santé et s’isole socialement, après un certain temps.
Facteur biologique et génétique

Des chercheurs américains montre qu'il existe un terrain familial prédisposant.
Il s'agit d'une vaste étude américaine, menée pendant dix ans, et ce dans dix villes du monde entier, qui vient de montrer qu'une personne dont un membre de la famille a été atteint d'anorexie aurait douze fois plus de risques d'être victime de ce trouble alimentaire qu'une personne qui n'aurait aucun antécédent familial. Selon le Dr Craig Johnson, le psychiatre américain qui a dirigé l'étude, "la génétique charge le fusil, l'environnement appuie sur la gâchette" en matière d'anorexie. Cette maladie serait comparable à la prédisposition à l'alcool : de même que certaines personnes peuvent en boire sans aucune conséquence, d'autres ont une histoire familiale qui peut les entraîner vers la dépendance.


L'adolescence est une période à haut rique.Le moment critique de survenue de l'anorexie se situe entre 11 et 14 ans. A cette période, les filles prennent en moyenne 18 kilos, dont une quantité de masse graisseuse qui coïncide avec l'apparition des premières règles. Mais il faut savoir que cette prise de poids est transitoire, et se régule vers l'âge de 18 ans, quand le corps de la jeune fille a pris sa forme de femme. Si à cette période une ou plusieurs remarque sont faites sur son poids, cela peut entraîner la décision d'un régime draconien. Or,le régime est la voie royale vers les troubles alimentaires. La mère de l'enfant doit donc, surtout si elle-même traque ses kilos, tâcher de ne pas encourager sa fille à faire de même.

Voici un témoignage d'un jeune fille, de 17 ans, se confiant sur le site http://www.anorexie.com/

" Ce serait si simple de pouvoir entrer dans une pièce, et de dire, " Bonjour, je m'appelle Coralie, j'ai 17 ans, je suis anorexique, et plusieurs fois dans ma vie ( courte !) j'ai voulu mourir. Je souffre de ce mal qu'est l'anorexie depuis mes 14 ans. Avant, j'étais une fille normale, ni trop grosse ni trop maigre. Et puis il ya eu ces phrases stupides, que des personnes prononcent sans savoir à quel point elles font souffrir. J'ai commencé à manger de moins en moins... Je pensais pouvoir m'arrêter dès que je le voudrais, mais c'était faux. Aujourd'hui encore, il m'arrive de penser que je peux le faire. "
Thérapies
Anciennement, le traitement reposait essentiellement sur l'isolement du milieu familial. Mais, faute de preuves scientifiques de son intérêt, il n'est plus pratiqué. L'hospitalisation, lorsqu'elle est nécessaire, a pour objet d'aider à la reprise de poids. Pour ce faire, la malade est idéalement accompagnée par une équipe comprenant un médecin, une diététicienne et une (ou un) thérapeute. La prise en charge doit permettre d'engager un travail psychothérapeutique qui vient donner du sens aux symptômes et proposer des solutions. La peur de grossir pourra alors se résorber, voire disparaître. Une prise en charge spécialisée est généralement nécessaire. Elle doit être multidisciplinaire : médicale, psychothérapeutique et/ou éducative et nutritionnelle. La principale difficulté est le refus du traitement, par peur de prendre du poids et de devenir obèse. Il faut aider la patiente à prendre conscience qu'il souffre d'une maladie qui peut se soigner.


Le traitement consiste à engager le dialogue avec l’adolescente par une réalimentation et une reprise de poids. Un médecin généraliste assure alors en parallèle, le suivi du poids et de l’état de santé. Dans les cas graves, une hospitalisation est nécessaire : elle permet souvent à la jeune fille de nouer d’autres relations et de développer le sentiment, qui leur est étranger, d’exister par elle-même. Les parents peuvent également être soutenus dans un cadre psychothérapeutique familial. Dans to
us les cas, une approche nutritionnelle est indispensable. Elle permet de réduire la mortalité et d'assurer le traitement de la dénutrition. Des moyens de réalimentation médicaux lourds sont parfois nécessaires. Si les thérapies ne marche pas une hospitalisation est a envisager.


Le traitement donne très souvent des résultats positifs, tant sur le plan physique que psychologique. Il demande une grande patience aux psychiatres, psychothérapeutes, médecins et pédiatres qui collaborent à la prise en charge. Il n'existe pas de traitement quelconque qui soit miraculeux contre cette maladie sans l’aide de la malade une guérison est impossible
• Définition de Baudelot et Establet : On appelle fait social tout ensemble d’actions humaines dont la trace sur un appareil d’enregistrement ( la statistique ) présente une certaine régularité à savoir :
Constance quand la société ne change pas.
F variation quand plusieurs grandeurs sociales varient simultanément.

• Définition de Durkheim : Est fait social toute manière de faire fixée ou non, susceptible d’exercer sur l’individu une contrainte extérieure.
La statistique permet de mettre en évidence la contrainte extérieure (l’influence qu’exerce la société sur l’individu). On retiendra que pour Durkheim, un fait social obéit à 3 caractéristiques :
- un fait social est extérieur à l’individu
- un fait social est doté d’un pouvoir de coercition (de contrainte)
- un fait social s’explique par d’autres faits sociaux.

Pour comprendre un fait social, le sociologue devra adopter une démarche scientifique (analyser les faits sociaux comme des choses) :
- écarter les prénotions (les préjugés)
- définir rigoureusement les phénomènes étudiés.
LIBELLÉS : IIII ENTIER
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Émile Durkheim
(1858-1917)
Sociologue français et l'un des fondateurs de la sociologie moderne. Il a dit:"Tout d'abord, les faits sociaux sont extérieurs à l'individu et doivent être expliqués par les modifications du milieu social interne et non pas à partir des états de la conscience individuelle " . Il a donc étudié le fait du suicide pour montrer que ça n'est pas un phénomène individuel mais que c'est un fait social :


Le Suicide (1897) :

__L'ouvrage "Le suicide" est l'étude où Durkheim défend l'idée selon laquelle le suicide est un fait social et peut être analysé par la sociologie. Ses statistiques montrent en effet que le suicide est un phénomène majoritaire et régulier que l'on trouve dans la plupart des sociétés. Il étudie alors les taux de suicide (nombre de suicides rapporté au chiffre total d'une population pour une période donnée) qui sont significatifs de l'état moral d'une société.
__Durkheim élimine d'abord les facteurs extra sociaux: les psychopathies, la race, l'hérédité psychobiologique, les facteurs géographiques et climatiques. Puis, il montre que les chiffres du suicide sont en rapport avec le milieu social de l’individu (familial, confessionnel, politique, professionnel). Ensuite, pour déterminer si la croissance du taux de suicide résulte ou non de celle du degré d'instruction, il introduit la religion (non le dogme mais la force des liens communautaires): l'affaiblissement des communautés confessionnelles «renforce à la fois le besoin de savoir et le penchant au suicide».

__Durkheim constate qu’il ya deux causes déterminantes du suicide :
Celle de l'intégration "Le suicide varie en fonction inverse du degré d'intégration des groupes sociaux dont fait partie l'individu […] Quand la société est fortement intégrée, elle tient les individus sous sa dépendance, considère qu'ils sont à son service et, par conséquent, ne leur permet pas de disposer d'eux-mêmes à leur fantaisie".
Et la deuxième cause est la régulation : les sociétés fournissent des règles que les individus doivent suivre, qui dictent leur conduite et leur fournissent des repères.
__A partir de ces deux grandes causes Durkheim dégage quatre grands types de suicide.
Le suicide anomique intervient lors d'un défaut de régulation. Les individus peuvent éprouver le mal de l'infini où tout semble possible alors qu'en fait tout ne l'est pas.
Le suicide égoïste intervient lors d'un défaut d'intégration, l'individu n'est pas suffisamment rattaché aux autres.
Le suicide altruiste est déterminé par l'excès d’intégration. Les individus ne s'appartiennent plus et peuvent en venir à se tuer.
Et pour finir le suicide fataliste intervient dans le cas d'excès de régulation.

______________Défaut __________Excès

Intégation ___Suicide égoïste ____Suicide altruiste

Régulation __-Suicide anomique __Suicide fataliste


Nous pouvons donc constater que l'anorexie n'est pas un acte individuel mais un fait social résultant de la société dans laquelle nous appartenons.
LIBELLÉS : IIII ENTIER
Les patientes appartiendraient le plus souvent à des milieux socio-économiques aisés, la fréquence des cas diminuant au fur et à mesure que l'on approche des catégories sociales défavorisées. Une étude anglaise a pu montrer que l'anorexie mentale touchait une jeune fille sur cinquante dans les écoles privées britanniques alors que dans les lycées d'état, pour une même classe d'âge, une adolescente sur deux cents était concernée. De même, aux Etats-Unis, on a pu constater que l'affection épargnait presque totalement la population noire dont le niveau économique est inférieur en moyenne à celui de la population blanche mais dont les habitudes d'éducation sont également différentes, particulièrement le maternage. Enfin, les cas d'anorexie mentale dans les pays dits du tiers monde sont rarissimes. L'anorexie parait se situer dans le contexte d'une société postindustrielle et toucher un milieu qui ne lutte pas pour sa simple survie.
 En rouge les comportement de la fille anorexique et noirle comportement d’une personne souffrant de la faim dans le tiers monde
http://4.bp.blogspot.com/_B4Gc887p5L4/Sb0SA3L9_nI/AAAAAAAAABM/Xg2d1cQPEq8/s200/1294046664_small.jpg
2 % des femmes sont touchées par l'anorexie. Plus de 850 millions de personnes sont en permanence gravement sous-alimentées dans le monde. Hier, elle a préféré sauter un repas. Hier, elle n'a pas eu de nourriture. Sa star préférée ne pèse que 50 kg. Ici, il n'y a pas de stars. Si elle mange ce midi, elle ne rentrera plus dans du 34. Si elle ne mange pas, elle risque de mourir. Ses frites étaient trop petites. Son tour de rein est trop petit. Elle meurt de faim, il est midi. Dans le monde, un enfant de moins de cinq ans meurt toutes les cinq secondes. Elle doit surveiller son régime. Elle doit surveiller sa santé. Elle veut combattre contre sa pire ennemie, la faim. Elle veutcombattre contre sa pire ennemie, la nourriture. 

Les personnes du tiers monde ne connaissent pas l’anorexie. Un combat perpétuel pour manger, la nourriture est importante à leurs yeux. Et si on leur disait que dans les pays occidentaux, que des filles/garçons se privent de nourritures volontairement qu’en penseraient-ils ? N’y a-t-il pas une certaine injustice ?

Ces dernières années est apparu le culte du corps :un corps idéal, mince, contrôlé, bien loin du corps réel est valorisé. Dans un climat où l'on privilégie les régimes amaigrissants, les séances intensives de sport et les images de corps idéaux, il n'est pas étonnant que l'anorexie, trouble associé à l'image de soi, se dégage.

L'idéal féminin étalé dans les médias est celui d'une silhouette dont la maigreur ne frappe même plus. Les mannequins très minces, maigres, représentent LE modèle parfait à atteindre pour des millions de femmes, les anorexiques et les autres. Le culte de la minceur n'est pas d'ordre esthétique. C'est le signe de la femme active, qui sait se dominer. Vomir à en saigner, manger à s'en rompre l'estomac, maigrir à en mourir, les troubles de comportement alimentaire ravagent les populations féminines. Aux États-Unis comme en France, en Angleterre comme en Allemagne ou au Japon, partout ou sévit le culte de la minceur, se profilent les anorexiques .

En vue de la progression de la maladie, l'Etat a décider de prendre certaines mesures, notamment contre le mouvement pro-ana, ces anorexiques mentales prétendent que leur maladie n'en est pas une, mais plutôt un mode de vie, celui-ci fait des ravages chez les jeunes filles/femmes sur internet. Voici un de ces blogshttp://proana.oldiblog.com/

En effet l'Assemblée Nationale et plus précisément Mme Roselyne Bachelot-Narquin la ministre de la santé et des sports., à fait une proposition de loi visant à interdire les sites Internet vantant les mérites des filles anorexiques :

Lutte contre l’anorexie : Signature d’une charte d’engagement volontaire et interdiction de l’apologie de l’anorexie sur internet
LIBELLÉS : II 3II ENTIER
Pour venir en aide aux personnes souffrantes de troubles alimentaires, il existe de multiples associations .On en trouve de plus en plus sur Internet depuis ces dernières années


Voici les plus importantes :


Enfine : association mettant en lien des témoignages, des conseils pour les proches des personnes souffrantes d'un des ces troubles, des adresses et contacts pouvant aider des malades.

ABA : , En 1992, des parents de jeunes gens souffrant d’anorexie ou de boulimie se sont rencontrés afin de partager leurs expériences, leurs angoisses, leur sentiment d’impuissance tout en cherchant des solutions ensemble.
Les objectifs de ABA :
  • Proposer une écoute, un soutien et une orientation aux malades et aux proches qui la contactent.
  • Informer sur les maladies du comportement alimentaire, sensibiliser les milieux à risque.
  • Encourager le développement de structures de prise en charge adaptées.

Association Boulimie Anorexie : cette associations Suisse aborde le sujet des troubles alimentaires en tout genre, des orientations de prises en charges thérapeutiques, des permanences téléphoniques (que pour la Suisse). 

La Maison de Soleen Maison Adolescent: c'est association est surtout un service hospitalier, le site comporte surtout des informations à propos des services médicaux proposés aux anorexiques.

Solidarité Anorexie Morbihan : pour se rencontrer et se rapprocher, pour libérer la parole et écouter l'autre, pour exiger le respect et rétablir la dignité, pour retrouver l'espoir et le goût de vivre, en définitif pour vaincre la maladie

Conclusion
En conclusion, nous pouvons observer que l'anorexie, considérée au départ comme une maladie strictement personnelle,tend à glisser de l'acte individuel au fait social. Le nombre d'anorexiques ne cesse de croître , ainsi, cette maladie n'est plus considérée comme rare. Il est indéniable que la société actuelle joue un rôle important dans son augmentation . Un changement des mentalités pourrait-il être facteur du déclin de l'anorexie?
L’anorexie mentale, une quête insatiable de contrôle
Leur plus grande peur est de grossir et leur besoin de maigrir est si fort qu’elles cessent de s’alimenter. Mais est-ce réellement tout ce dont souffrent les anorexiques ? Sur fond de manque de confiance en soi, que ces jeunes femmes cherchent à dissimuler derrière une maîtrise et un contrôle hors norme de leur alimentation, l’anorexie est toujours le symptôme d’un réel mal-être psychique.
Sommaire
Le pronostic de l’anorexie est sévère et alarmant. Dans un cas sur trois, le trouble persiste, de manière chronique ou non, à vie. Environ 15 % des malades décèdent de dénutrition et le risque de suicide est multiplié par 22 (Source : Société Française de Nutrition).
Elles n’ont plus que la peau sur les os. Leur poids oscille dangereusement entre 30 et 40 kilos. Dans neuf cas sur dix, ce sont des femmes. Âgées pour la plupart entre 17 et 22 ans. Elles souffrent d’anorexie mentale. Selon l’association Autrement “Pour un autre regard sur son poids”, qui regroupe de nombreux spécialistes des TCA (troubles du comportement alimentaire), 1 femme sur 100 serait concernée, et le nombre de nouveaux cas détectés chaque année en France s’élèverait à 5 000.
Contrôler son corps, son image, sa vie c’est ce qui anime la jeune femme qui souffre d’anorexie. En refusant de s’alimenter et en niant sa faim, c’est en effet bien plus que son alimentation qui est en jeu. « Elle s’inflige de terribles restrictions alimentaires, explique le nutritionniste Daniel Rigaud, car, contrairement à l’anorexie vraie, où l’absence d’appétit est liée à la perte de la sensation de faim, dans l’anorexie mentale, au moins au début, la malade a faim, et lutte contre celle-ci. » Pour paradoxalement combler un vide en elle, se rassurer, se sentir exister, l’anorexique va jusqu’à mettre sa vie en péril, le plus souvent sans en avoir conscience.
Reconnaître l’anorexie mentale
« L’anorexie mentale commence non pas quand une personne “veut” maigrir, mais quand, sans s’en rendre compte, elle ne peut plus rien faire d’autre que maigrir, » explique le Dr Rigaud. Alors comment faire la différence entre une jeune femme qui aurait simplement décidé d’entreprendre un régime de celle qui souffrirait d’anorexie ?
Certains signes sont très spécifiques : restriction, tri des aliments, indifférence à la tentation, calcul draconien des calories et, souvent, prise des repas seule et à heures fixes. Avant toute chose, l’anorexique fait preuve d’un contrôle hors norme de son assiette. À l’inverse, sa consommation de liquide dépasse l’entendement. Cette potomanie (nom du trouble qui y est associé) peut la pousser à boire plus de 3 litres d’eau par jour. L’objectif ? Se purifier, éliminer, mais aussi se remplir l’estomac pour écarter la sensation de faim. Dans un but similaire, elle fait parfois usage de diurétiques et de laxatifs.
Pour “brûler des calories”, l’anorexique semble comme hyperactive, elle bouge sans cesse. Son amaigrissement est rapide, fulgurant. L’adolescente, ou la jeune femme selon son âge, modifie sans cesse l’objectif qu’elle s’est fixé d’atteindre, pour perdre toujours plus de poids. La vision qu’elle a de son propre corps n’est pas objective, elle ne se trouve jamais assez mince, surtout pas maigre. Souvent, conséquence du chaos hormonal provoqué par la dénutrition, ses règles ont disparu.
D’un point de vue psychologique, sans que l’on puisse savoir avoir exactitude si ses difficultés existaient toutes avant le déclenchement de la maladie ou si cette dernière les a provoquées ou aggravées, les personnes qui souffrent d’anorexie mentale présentent des symptômes bien identifiés :
- manque de confiance (en soi, mais aussi en l’autre)
- manque d’estime de soi
- besoin de contrôle et de maîtrise, qui se traduit par un excès de perfectionnisme
- rejet de l’image féminine (séduction, sexualité) et du désir
- peur permanente d’être jugée par autrui
- sentiment d’impuissance face à l’amour, la vie, la profession, l’avenir, la guérison…
Dans un cas sur trois, l’anorexie dite restrictive glisse vers l’anorexie-boulimie. Dans cette forme particulière, le jeûne est alors entrecoupé de crises de boulimie, qui se soldent par des vomissements, spontanés ou provoqués. Une perte de contrôle vécue comme un échec que la jeune malade a souvent beaucoup de mal à accepter.
Des causes difficiles à identifier
Longtemps, l’anorexie a été qualifiée de « maladie du lien », mettant en cause de manière quasi-systématique des difficultés dans la relation mère-fille. Certes, le rapport à la nourriture intervient très tôt dans la relation mère-enfant, mais est-ce un élément suffisant pour expliquer l’anorexie ? Si la part de responsabilité des parents dans le trouble de leur enfant est parfois bien réelle, sa stigmatisation n’est plus d’actualité. D’abord parce que l’origine du trouble est assurément polyfactorielle, mais aussi parce que le choix d’un “bouc émissaire” ne fait que majorer un sentiment de culpabilité qui est déjà assez présent dans l’entourage de ces malades.
Aujourd’hui, il est encore impossible de dire avec certitude pourquoi ce trouble touche certains jeunes plus que d’autres. Mais l’on sait que ses origines sont multiples et croisées, mêlant facteurs génétiques, nutritionnels, affectifs, psychiques ou encore socioculturels. Comme une goutte d’eau qui serait venue faire déborder un vase déjà trop plein, les histoires des malades évoquent toutes un élément déclencheur, un déclic : un régime trop strict, une remarque blessante, un traumatisme, une rupture sentimentale, ou encore, une modification de la vie familiale (deuil, divorce…).
Quant aux raisons qui pourraient expliquer la prévalence féminine dans l’anorexie, plusieurs hypothèses existent. D’une part, la nourriture serait plus communément source d’addiction chez les filles que chez les garçons, qui se tourneraient plutôt vers les drogues, l’alcool ou les autres comportements à risques. Par ailleurs, l’adolescence est une période plus difficile pour les filles, chez qui la transformation et la maturation physique est plus visible. Confrontées à la difficulté d’apprivoiser leur nouveau corps, elles auraient tendance à retourner leurs souffrances contre elles-mêmes. D’autant que l’image du corps, son poids, son allure, sont chez les adolescentes un marqueur identitaire fort. Et d’avantage avec la mode et les diktats de la minceur qui s’imposent à elles dans notre société.
Soigner l’anorexie
Pour trouver un spécialiste des TCA et s’informer :
Association Autrement :www.anorexie-et-boulimie.fr
AFDAS-TCA : www.anorexieboulimie-afdas.fr
La priorité, dans le traitement de l’anorexie mentale, est la reprise de poids. Notamment lorsque la dénutrition est telle que la jeune femme est en réelle situation de danger : sa vie peut être en jeu et, dans certains cas, l’hospitalisation est même inévitable. Avec l’aide d’un nutritionniste ou d’un diététicien spécialiste des TCA, la patiente doit parvenir à plusieurs objectifs : retrouver et maintenir un poids normal, rééquilibrer ses apports nutritionnels, manger normalement, sans peur ni angoisse. Ensuite, un travail thérapeutique, avec l’aide d’un spécialiste des troubles du comportement alimentaire, s’avère souvent nécessaire. Thérapies psychanalytiques, psychocorporelles, comportementales et cognitives, hypnose… le choix des approches est nombreux et varié.
Les groupes d’entraide et de parole sont également un lieu privilégié pour la malade. Ils permettent de témoigner mais aussi de recueillir le témoignage d’autres patientes. Entre elles, les anorexiques se mettent en garde contre les pièges dans lesquels ne pas tomber, se transmettent leurs espoirs de guérison. Elles peuvent parler de choses dont elles ne parviennent pas à parler avec le personnel soignant mais aussi de sujets plus personnels et moins médicaux (relatifs au corps, à leurs relations familiales ou amoureuses etc…).
Le rôle essentiel de l’entourage
3 questions à Pascale Zrihen, psychologue clinicienne et psychothérapeute spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire (TCA).
Quels sont les signaux d’alerte auxquels l’entourage doit être attentif ?
Les parents, et l’entourage en général, doivent être vigilants dès lors que l’adolescente ou la jeune femme qu’ils côtoient semble commencer un régime. La perte de poids n’est-elle pas trop rapide ? Sélectionne-t-elle rigoureusement les aliments qu’elle mange ? En élimine-t-elle certains ? Développe-t-elle des obsessions autour de l’alimentation (une passion soudaine pour la cuisine, l’envie de « faire manger la famille »…) ? Ce sont autant de questions que je les invite à se poser. Par ailleurs, ils peuvent aussi surveiller son état psychologique. Semble-t-elle particulièrement stressée, angoissée, en repli sur elle-même ? Les mamans ou les amies peuvent essayer de s’assurer que ses règles n’ont pas disparu. Les malades ont vraiment tendance à dissimuler leur mal-être et à manipuler leur entourage. Elles confient ensuite avoir « appris à vivre dans le mensonge ». Les proches doivent avoir conscience qu’il n’est pas toujours évident de déceler l’anorexie.
Pascale Zrihen, psychologue comportementaliste, exerce à Neuilly-sur-seine. Elle est l’auteur, avec Corinne Dubel, de Anorexie, boulimie – Explications et conseils pratiques pour mieux vivre le quotidien(Dauphin – 2010). Son site :www.pascalezrihen.com
Comment réagir lorsque l’on suspecte un ou une proche de souffrir d’anorexie ?
Dans un premier temps, les proches peuvent se renseigner par l’extérieur, auprès du médecin généraliste, d’un nutritionniste ou de tout professionnel de santé qui pourra ensuite les orienter vers un spécialiste. Ils peuvent aussi s’informer auprès des associations, rencontrer d’autres parents concernés. Alors, ils pourront aller vers la jeune femme et lui faire part de leurs inquiétudes, évoquer avec elle les questions de poids mais ne pas les stigmatiser. Ils peuvent commencer par lui dire qu’ils ne la trouvent pas en forme, stressée, et lui proposer un soutien psychologique, afin de bien lui faire comprendre que sa difficulté est prise au sérieux. Il est souvent très difficile de convaincre la jeune fille de consulter. Face à une ado, voire une préado, les parents doivent être force de persuasion et lui dire « je sais que tu ne veux pas aller voir le psychologue, mais je te demande de venir avec moi, parce que je m’inquiète pour toi et que tu es sous ma responsabilité ». De nombreuses patientes sont amenées à consulter dans ces conditions la première fois. Elles sont en général très remontées contre le corps médical au début mais au bout de quelques séances, on parvient à faire émerger des choses et à travailler sur le trouble. Ce bras de fer peut paraître très dur, mais c’est une nécessité pour la santé de la patiente. Dans d’autres cas, les jeunes femmes sont déjà tellement épuisées qu’elles acceptent de consulter sans se braquer, même si elles ne comprennent pas bien l’intérêt de le faire.
Comment l’entourage peut-il accompagner la malade une fois son trouble pris en charge ?
Une fois que la patiente est dans un circuit de soin, les proches peuvent être en partie soulagés. Ils passent le relais à des professionnels qui sont là pour les aider et qui ont les compétences pour les accompagner et de ce fait, ils peuvent déjà prendre un tout petit peu de recul. Ce qui est important, c’est bien sûr la dimension affective, le soutien, l’amour, les encouragements qu’ils vont pouvoir lui apporter. C’est essentiel pour ces patientes qui sont en très grande souffrance. L’essentiel, c’est de trouver la bonne distance. Lorsque les parents continuent de remplir l’assiette de leur fille à table et gardent un contrôle scrupuleux sur ce qu’elle mange, la patiente le perçoit comme une agression. C’est une attitude trop intrusive pour elle, trop angoissante. Il faut donc la laisser faire, la laisser retrouver ses repères alimentaires progressivement, tout en restant vigilant. Car ils ont néanmoins le devoir de prévenir les professionnels de santé s’ils repèrent des choses alarmantes dans son comportement. La prise en charge de l’anorexie repose sur une collaboration totale entre la patiente, les professionnels de santé et l’entourage.
Les formes plus rares de l’anorexie
Dès la naissance et jusqu’aux dernières années de la vie, on constate que l’anorexie survient parfois en prenant des formes plus atypiques. Dans de nombreux cas, les causes restent floues, et varient en fonction de l’âge.

Chez le bébé et dès les premières semaines après la naissance, certains nourrissons développent parfois une forme d’anorexie qui peut être très grave. En effet, à cette période de la vie plus qu’à aucune autre, les conséquences de la dénutrition sont importantes et dans certains cas, irréversibles. C’est notamment le cas des retards psychomoteurs. Si la responsabilité de la mère n’est plus mise en cause de manière systématique dans l’anorexie de l’adolescente ou de la jeune femme, dans la plupart des cas, chez le bébé, le trouble est lié à un problème conséquent d’attachement entre la mère et l’enfant. Souvent, c’est ce qui arrive lorsque la jeune maman est en souffrance. « La mère peut tout aussi souffrir de schizophrénie que de dépression, affirme Marie-France Le Heuzey. À la différence que, dans le second cas, on peut l’aider à s’en sortir, et ce serait dommage de passer à côté. »
À lire
Anorexie, boulimie et compulsions, de Daniel Rigaud (Milan Eds – 2002)
Anorexie et boulimie, comprendre et aider votre enfant, de Gérard Tixier et Clothilde Tourte (Odile Jacob – 2010)
L’enfant anorexique, de Marie-France Le Heuzay (Odile Jacob – 2003)
Chez l’enfant entre 6 et 7 mois survient aussi parfois, au moment de la diversification, une forme d’anorexie infantile. Là encore, c’est souvent une difficulté relationnelle entre la mère et l’enfant qui se trouve à l’origine du refus de s’alimenter. Dans ce cas-là, celle-ci relève plus de la volonté chez l’enfant d’entrer en conflit avec elle que d’exprimer une souffrance et concerne plus particulièrement les enfants à fort caractère. « Cette forme d’anorexie n’est pas gravissime, souligne Marie-France Le Heuzey, mais elle nécessite néanmoins une prise en charge, le plus souvent une psychothérapie. »

Enfin chez les seniors, on constate également plusieurs formes d’anorexies. Les premières sont des pertes de l’appétit dont l’origine est purement mécanique. La personne ne parvient plus à s’alimenter normalement. D’autres sont liées à un état dépressif, la personne âgée rumine, déprime, n’a plus le goût ni à la vie, ni à l’alimentation. Une forme plus inquiétante est parfois indirectement la cause de médecins trop précautionneux. Pour prévenir certaines maladies, comme le cholestérol, certains praticiens mettent les seniors au régime. Ce qui peut leur faire très peur, et parfois, les pousser à l’anorexie stricte, semblable à celle du type phobique. Dans ce cas, l’anorexie s’explique par une peur incontrôlable de la mort. La personne assimile le fait que l’alimentation entraîne certaines maladies (cholestérol, hypertension…) et, par peur de mourir, refuse de s’alimenter.
Je pensais que je n’en parlerais jamais. C’était mon secret. Et je n’avais aucune intention de permettre à quiconque d’avoir accès à mes fragilités et à mes failles. Puis, peu à peu, j’ai eu envie de raconter mon histoire (Légère comme un papillon - grasset 2012). Parce que l’anorexie n’est pas quelque chose dont il faille avoir honte. Ce n’est pas une infamie. Pas une maladie comme les autres.
L’anorexie est un symptôme. Qui porte en surface ce qui fait mal à l’intérieur. La peur, l’abandon, la violence, la colère… C’est une façon de se protéger de tout ce qui échappe au contrôle. Même si, à force de se protéger, on risque d’en mourir. Pour apprendre à vivre, il faut avoir le courage de donner un sens à toute cette souffrance. Certes, pour s’en sortir, il n’y a pas de recettes magiques. Comme le prétendent certains. Comme l’espèrent d’autres. Mais il existe une chose plus précieuse que de simples recettes : la force des mots. Ceux qui permettent de dire mille et mille fois les mêmes choses, les mêmes instants, les mêmes incertitudes, les mêmes regrets… Ceux que l’on peut rechercher pendant des années et qui un jour réapparaissent pour nommer l’innommable.
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L’anorexie mentale, une quête insatiable de contrôle Leur plus grande peur est de grossir et leur besoin de maigrir est si fort qu’elles cessent de s’alimenter. Mais derrière ce contrôle hors norme de leur alimentation, se cache, chez les anorexiques, un réel mal-être psychique.
J’ai toujours été une enfant sage. Mais à quel prix ? Qu’ai-je dû sacrifier à jamais pour être sage ? Si sage qu’en cours de route j’ai oublié ce que je voulais… Pis encore, qui j’étais… Les mots servent à retrouver le fil perdu. Ces instants de peur ou de violence qui m’ont construite. Ces espaces de non-reconnaissance et d’abandon. Ces « non » à tout ce qui n’avait pas été prévu à l’avance, décidé par mon père, calculé pour mon « bien ». Ces années pendant lesquelles quelque chose s’est cassée à jamais. La joie de vivre. La liberté. L’envie… Oui, tout simplement l’envie de faire quoi que ce soit.
Longtemps, j’ai cru pouvoir tout oublier, « comme si » rien n’était arrivé. Comme s’il suffisait de me cacher derrière des arguments rationnels pour donner du sens à mon existence. Comme si l’important était la cohérence et la rigueur des arguments. Longtemps, j’ai cru que la philosophie était cela : expliquer le monde pour mieux le contrôler. Ce n’est qu’ensuite que j’ai découvert que les théories abstraites, souvent, sont dérisoires. Tantôt des préjugés inutiles et stériles. Tantôt du bavardage savant. Et que la seule chose à laquelle il vaille la peine de rester fidèle est la recherche du sens de notre vie, qui ne cesse de nous échapper, propre à la vulnérabilité de la condition humaine.
Si je n’avais pas vécu tout cela, je ne serais probablement pas devenue celle que je suis. Je n’aurais peut-être pas compris que la philosophie est surtout une façon de raconter la finitude et la joie. Les oxymores et les divergences. L’immense courage qu’il faut pour arrêter de souffrir et la fragilité de l’amour qui donne du sens à l’existence.



Bonjour, Je suis pipit8457, comme toi mon anorexie à débuter très tôt. Bébé, j'étais déjà anorexique, dû au rejet de ma mère. Les choses ne se sont pas améliorées en grandissant. Comme toi, troubles alimentaires, anorexie, tocs, troubles anxio-dépressifs récurrents avec bi-polarité et mélancolie. Comme toi, mon anorexie a rythmée ma vie. Impossible d'avoir une relation normale avec l'alimentation, j'ai toujours eu inconsciemment un rejet des plaisirs de la vie. Pourtant, j'ai accepté ne rien attendre de ma mère (affection) ni de mon père d'ailleurs. Jamais pu avoir d'amie, peut-être la peur du rejet. Impossibilité de vie sociale. j'ai beau me stimuler et me dire que la vie c'est pas ça, l'anorexie reste mais un peu moins morbide. Tu disais avoir un passé lourd et je comprends, moi aussi, souvent hospitalisée j'ai eu un parcours pleins embûches. je me suis toujours sentie seule, isolée, incomprises et quant aux qu'en dira-t-on, c'est pas la peine, les gens sont tellement stéréotypés qu'ils ne comprennent pas le mal qu'ils font. Les douleurs me bouffent la vie, fibro et ostéoporose très avancée. Mes os sont tous déminéralisés et très douloureux.
Par contre, je suis une battante, n'aime pas qu'on me prenne en pitié. C'est la vie qui n'a pas été sympha. En 2 mots, un soupçon de vie, je veux bien que nous échangions plus, pour toi comme pour moi, ça peut nous aider. Un gros merci pour ton courage et je suis heureuse d'être ton amie. Toute mon amitié 
Etre Pro-Ana. Des gens en lisant ceci nous prendront pour des folles, mais sachez avant tout que si nous avons cette maladie, c'est à cause de la société, c'est a dire à cause de vous.
 Vous êtes obsédés par le poids, le physique, l'apparence que les gens ont. Sans même connaitre une personne vous la traitez de "grosse". Qui vous dis que cette personne n'est pas malade elle aussi ?! Ou qu'elle n'a pas de problèmes de santé ?! Vous aimez les mannequins, mais lorsque vous tomber dans la maladie, vous donneriez beaucoup pour retrouver vos formes d'avant, mais Ana prend le contrôle, et ça devient difficile de vous en sortir.
Ana, c'est une voix qui est dans la tête des Pro-Ana. Non, nous ne sommes pas folles, c'est une sorte de coach, qui nous punit en nous faisant vomir, en nous mutilant parfois, c'est un monstre, mais ce monstre, il est en nous. Nous nous sommes créés un idéal, un objectif à atteindre, sans s'en rendre compte, et Ana à commencer à apparaître petit à petit pour que l'on ressemble à notre idéal. On recherche la perfection, la taille de guêpe, le corps parfait...l’habitude est prise.

Pour mieux comprendre, je vais vous parlez de Ana. Son apparition, et maintenant le contrôle qu'elle a.
Les gens me traitaient souvent de grosse (J'étais en surpoids, mais pas obèse non plus). Durant les vacances j'ai essayé de m'imaginer un corps parfait. Sans le savoir, j'avais mis un pied là ou il ne fallait pas. Début septembre, je me sentais mal dans ma peau, j'avais eu de problèmes familiaux, et une accumulation de pas mal de choses... Je me disais que si les gens me lâchaient c'était à cause de mon physique, je me détestais, je détestais mon corps, je détestais la bouffe... Et là, la voix à commencer à apparaître. Elle me faisait prendre confiance en moi, en disant que j’étais belle comme ça, et au fur et a mesure, elle me disait que je devais perdre du poids, et rapidement. Cette voix, je pensais que c’était ma conscience, alors je l'ai écouter, j'ai manger de moins en moins, jusqu’à totalement m’arrêter. Et au moment ou j'ai su que ce n’était pas ma conscience, mais la maladie, il était trop tard. Ana avait pris le dessus. Je suis toujours en léger surpoids (beaucoup moins qu'avant quand même), je n'ai pas encore la peau sur les os, mais a ce rythme la, ça ne saurait tarder...

Ne voyez pas les Pro-Ana comme des monstres, nous sommes malades... Vous en êtes responsable, alors si nous nous sommes de monstres, posez vous cette question : Vous étés quoi ?! Vous avez créer une maladie, un combat, vous nous conduisez a la mort parfois. Ne dites pas que vous n'avez jamais dis a une fille qu'elle était grosse, vous mentez, on l'a tous deja fait... Mais voila ou vos insultes nous mènent... 

En réponse a ce que pensent beaucoup de gens : "Etre anorexique, c'est une maladie, être Pro-Ana c'est un choix" Oui j'ai choisi cette vie, je suis obsédée par mon poids, je ne savais pas quel serait les conséquences si je m’arrêtais de manger volontairement. Au début je l'ai voulu, maintenant je le regrette. Je ne suis que dans le début de la maladie, mais j'en peux plus. On peux dire que je suis en train de passer de Pro-Ana à anorexique. Je deviens anorexique, j'abandonne Ana. Je suis malade involontairement. Je ne voulais pas me retrouver comme ça, je ne suis pas une vraie pro-ana, j'ai la volonté de sortir de ce cercle vicieux.
 Je ne mange plus, je ne bois plus, j'ai faim, je ne veux pas manger, je souffre... Ana part un peu plus chaque jour, mais si je remange, si j'essaye de faire marche arrière, je sais qu'elle reviendra. Maintenant qu'elle ma imposer un mode de vie, et que je l'ai adopter, comme si c'était normal, elle me laisse petit a petit reprendre le contrôle. Mais si je m'écarte du chemin d'Ana, je sais qu'elle reviendra, elle est toujours là, dans un coin, elle a juste accepter de me laisser un peu me gérer. Ana part. Puisque je ne suis plus Pro-Ana, qu'elle ma abandonner, je suis anorexique. Sauf que l'anorexie c'est pire. C'est vraiment une maladie, je suis seule, j'ai peur. Je passe ma vie sur la balance. Depuis lundi, j'ai perdu 1,5 kilos. Je bouge énormément, et je n'avale plus rien. Je commence a ressentir le manque de nourriture, mais je me suis "sevrée". Je me suis enfermée dans ma cuisine en fixant mes anciens péchés mignons préférés et en préparant un plat pour mes petits frère et petites sœur. J'ai résisté, je n'ai pas mangé, je suis fier de moi, mais j'ai honte. Je ne veux pas m'enfoncer dans la maladie et pourtant, c'est ce que je fais... J'ai peur, peur de vouloir la maigreur extrême, peur de ce qui m'attend. J'ai peur de ne pas réussir, d'y laisser ma vie. Mais je ne peux pas, je dois me battre, je dois le faire pour ceux qui m'aime. Mais j'ai peur, j'ai besoin d'aide mais je n'ose pas en parler. Il y a que ma grande sœur qui est au courant, mais elle ne peux rien faire pour moi, elle habite a plus de 800km... Je me renferme de plus en plus, je ne sais plus quoi faire... Je veux m'en sortir. Ana laisse moi, anorexie lâche moi.
2 "Te voici dans mon monde. La porte est grande ouverte. Entre sans frapper, mais essuie toi les pieds. Regarde, mais ne touche à rien. N'ai pas peur, tu découvres peut-être quelque chose que tu ne connais pas. Alors respecte et essaye de comprendre avant de juger. Je t’entraîne dans ma tête. J'ai construis mon monde en me croyant forte en pensant que tout allait changer. J'ai construit cette prison dorée autour de moi; pierre par pierre. Mais j'ai oublié une chose essentielle, la porte pour pouvoir m'en sortir. La maigreur est belle. Des jolis bras tout fins, un dos presque transparent, un ventre plat, tout plat, des jambes fines, ça fait rêver. Je suis prête à ne plus manger. Je fais beaucoup de sport jusqu'à épuisement, je me prive de manger, ou des fois je me fais vomir. Je trouve toujours des excuses bidons. Personne dans mon entourage n'est au courant. Je pense que l'anorexie c'est une maladie, par contre être pro-ana c'est un choix. Nous sommes dans une société de surconsommation, de perte d'identité, de perte d'unisté. Donc les pro-ana sont attirées par cette image de maigreur, car oui elles choquent, elles provoquent mais surtout elles apportent mal sainement l'attention sur soit, l'impression d'impuissance sur les autres, d'être forte alors que ces filles se prennent au piège de la véritable anorexie. Elles tombent dans le cercle vicieux de ce qui les attirait et cause ensuite leur perte. Qu'est-ce que j'aimerai être légère comme un oiseau. Parce que j'aimerai flotter dans mes vêtements. Parce que j'aimerai avoir la perfection. Parce que Ana me soutenait.
"Anorexie mental est mon nom complet mais tu peux m'appeler Ana. Tu seras mince, tu ne regarderas pas les photos des mannequins ou des stars en enviant leur taille, tu seras plus attirante, tu auras l'air bien, qu'importe ce que tu portes. Avec toute mon affection, ta future meilleure amie; Ana."
Et bien une pomme c'est 52 calories, 
une carotte 38, 
une courgette 30 calories, 
des chips 170 calories, 
salade verte 18 calories, 
avec une tomate se rajoute 20 calories, 
100 grammes de beurre c'est 775 calories, 
fromage de chèvre 330 calories, 
alors une tarte aux pommes 300 calories, 
un pain au chocolat 280. 
Petite voix dans ma tête me dit de maigrir. J'ai faim, je dois résister. Résiste grosse vache, regarde toi! Je dois vomir. Je veux mourir. Qu'est-ce que j'aimerai disparaître. J'ai peur qu'on me regarde, quand on m'interroge je réponds même pas. J'en peux plus. Qu'est-ce que je vais devenir? Je veux être enfant, comme avant. Avant de grandir, avant de devenir femme. Moi, je veux planer au dessus du ciel, maîtriser ma vie, choisir ma direction, atteindre ce nuage. Faire la course avec cet aigle qui vole à mes côtés. Faire un piquet vers l'océan et repartir vers les hauteurs avant de m'écraser. Rejoindre cette montagne au loin et m'y poser en douceur. Je veux contrôler mes envies, contrôler ma vie. Ce qui est sous contrôle est sans danger. Rassurer moi je vous en pris. Je ne te connais pas mais j'aimerais bien être là, te prendre la main et te conduire ailleurs. Je me rappelle qu'il y a des choses qui comptent plus que mon corps. Que la graisse sur mes cuisses, l'amour, la famille, les amies, le plaisir... J'imagine que mes mots sont inefficaces. Essaye de te valoriser autrement, montre que tu es une belle fille, que tu as la chance d'avoir un visage beau à regarder, que tu as un style vestimentaire unique. Mais je doute fort qu'il soit possible de savoir s'arrêter, au bon moment. Pardonnez-moi, voix étrangère qui m'a volé à vous. Le pire c'est que dans tout ça, j'ai encore une lueur d'espoir. Oui je suis naïve je sais. Non je ne céderai pas, parce que quitte à crever, autant crever d'Ana. Parce que je leur renverrais tout le mal qu'ils m'ont fait. Parce que avant de mourir je veux savoir ce que ça fait d'être maigre, parce que en refusant leur nourriture je refuse leur amour, parce qu’en rejetant la bouffe je rejette la vie. J'ai cherché un chemin pour la fuite lorsque je me suis perdue. Au contraire d'Alice au pays des merveilles je ne traverse pas les miroirs, je les éclate. Les angles après coup deviennent tranchants. Je préfère l'image de ces fragments à celle de ma dysmorphie, parce qu’autrement je pleure celle que je ne reconnais plus. Je dois impérativement m'effacer sinon je ne suis qu'un sarcophage. Merci de m'avoir faite poussière, de m'avoir fait comprendre l'envers de l'apparence. Merci Anorexie de m'être fait devenir errance. Je me suis cachée au plus profond de moi-même loin de tout ce qui pouvait me voir, me regarder et me juger. Je me suis réfugiée sous tant de draps qu'on ne voyait plus la couleur de mon ombre. J'aimerais complètement fondre, me dissoudre pour qu'il ne reste qu'un soupir, qu'un cri, caché dans le noir. Crier sans que personne ne soit choqué, pleurer sans que personne ne me console, soupirer sans être questionné, me permettre de rester seule ou de partir sans bagages, sans souvenirs, isoler du monde présent, seul survivant des lendemains si oppressants, cachée du reste de la société, seul survivant de ce monde sans pureté. Crier, hurler, soupirer, pleurer. Rire et danser. M'empoisonner à la seule vue de tant de beauté."
 

Ça y est, j'en ai parler à ma maman. Il n'y a qu'elle qui peux me comprendre. Elle est aide-soignante, c'est la seule qui peux m'aider et en qui j'ai confiance... Sauf que quand elle a compris, elle a appeler mon père, ils se sont engueulés, et mon père m'a tout simplement rejetée. Il s'est foutu de moi en me traitant, en disant que c’était impossible que je sois anorexique, je suis trop grosse pour ça, il m'a rabaisser, et mon grand père était là, et à croire qu'ils aiment bien être à plusieurs sur moi, il s'est aussi mis à me traiter. Pourquoi j'en ai parler ?! J'aurais pu me taire et continuer de mentir... En attendant depuis hier soir, je suis mal, j'ai juste envie de mourir là maintenant... C'est horrible, ils ne me comprennent pas, et ils croient qu'en m'insultant ça ira mieux... Ma propre famille me rejette, ils ne veulent plus de moi, mon père m'a dis que puisque j'ai parler à ma mère, ce soir je prends mes affaires et je pars chez elle. Il ne veux plus de moi. Et ma mère qui crie au secours et qui veux m'emmener a l’hôpital... Je veux pas, Ana va m'en vouloir si j'essaye de l'abandonner, et elle est devenue mon seul repère, je n'ai plus rien de ma vie d'avant. Même plus ma famille... Il ne me reste que ma mère, et celle que je considère comme ma grande sœur... Je suis un boulet pour tout le monde, ils ne comprennent pas, ils ne vivent pas ce que je vis, ils ne comprennent pas mes crises, mon dégoût, mon obsession pour mon poids... Je me retrouve seule... Avec Ana. A cette allure la, je ne m'en sortirais jamais...


















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